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Du 9 au 13 février 2026, Dakar a accueilli une formation intensive sur la diplomatie économique et climatique, réunissant des diplomates et hauts fonctionnaires de 14 pays africains, afin de renforcer la capacité de l’Afrique à peser dans les négociations internationales.
Organisée par l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), en partenariat avec le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (CELMAD), la session a rassemblé des représentants du Burkina Faso, Comores, République démocratique du Congo, Gambie, Ghana, Guinée équatoriale, Kenya, Libye, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie et Tunisie.
Face aux effets dramatiques du changement climatique et malgré sa contribution limitée aux émissions mondiales (4 %), l’Afrique cherche à transformer sa vulnérabilité en force de négociation. La formation a combiné approches théoriques et exercices pratiques, incluant la simulation d’une COP multipartite, où les participants ont appris à construire des positions africaines unifiées, former des coalitions et négocier sous pression.
Parmi les thématiques abordées figuraient le financement climatique, les mécanismes de pertes et dommages, la transition énergétique juste, ainsi que l’élaboration de projets bancables pour maximiser l’accès aux fonds internationaux tels que le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’adaptation et le Fonds pour l’environnement mondial.
Selon Fodé Ndiaye, directeur général du CELMAD, « la finance n’est qu’un moyen au service d’un objectif. Il est essentiel de combiner financements externes et ressources domestiques pour un impact réel sur nos populations ». Il a également insisté sur la valorisation du potentiel africain : biodiversité, minerais stratégiques, énergie solaire et éolienne, qui constituent des leviers essentiels pour le développement et le positionnement du continent.
La formation a permis d’identifier cinq axes prioritaires pour une diplomatie efficace : intégrer le climat dans toutes les politiques publiques, renforcer la capacité d’anticipation face au changement climatique, améliorer la coordination institutionnelle, préparer les positions de négociation bien en amont et exploiter rapidement les opportunités stratégiques.
Mamadou Soulé Guèye, représentant du ministre des Affaires étrangères du Sénégal, a souligné l’importance de la solidarité et de l’action collective à travers la philosophie de l’Ubuntu : « Je suis parce que nous sommes. Ensemble, nous pouvons construire une Afrique influente sur la scène mondiale ».
Fort du succès de cette première session, l’IDEP et le CELMAD organiseront une deuxième formation à Addis-Abeba en avril 2026, afin de renforcer davantage la diplomatie économique et climatique des États africains et traduire ces acquis en résultats concrets pour le continent et la planète.
I.inter
