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C’est une évolution stratégique majeure dans l’architecture de la finance climatique africaine. Le Fonds vert pour le climat (GCF), pilier financier de l’Accord de Paris, a acté l’implantation de son bureau régional Afrique autour de deux pôles complémentaires : Abidjan et Nairobi. Une décision qui tranche avec l’option d’un siège unique et traduit une volonté de rééquilibrage territorial.

Une présence rapprochée pour plus d’impact

Issue de la 44e session du Conseil d’administration tenue à Songdo, cette configuration répartit les zones d’intervention :

Abidjan pilotera l’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord

Nairobi couvrira l’Afrique de l’Est et australe

Ce choix vise à rapprocher les équipes du GCF des réalités locales, dans une logique d’efficacité et de réactivité.

Accélérer les projets et renforcer le suivi

À travers cette réforme, le Fonds entend corriger l’une de ses principales limites : l’éloignement opérationnel. Désormais, la présence régionale permettra : d’accélérer la maturation des projets,  fluidifier les procédures, améliorer le suivi des financements. Pour Seyni Nafo, cette approche permettra de mieux connecter les financements aux besoins concrets des populations africaines.

Une avancée diplomatique pour la Côte d’Ivoire

La désignation d’Abidjan constitue une reconnaissance du positionnement stratégique de la Côte d’Ivoire dans les enjeux climatiques. Pour les autorités ivoiriennes, accueillir une antenne du GCF revient à consolider le statut d’Abidjan comme centre régional de la finance verte et du développement durable.

Une dynamique financière en pleine expansion

La décision intervient alors que le Fonds vert pour le climat franchit un cap significatif :

960,3 millions de dollars approuvés pour 18 projets, plus de 20 milliards de dollars engagés à l’échelle mondiale, 354 programmes en cours. L’Afrique se positionne comme la principale bénéficiaire de cette nouvelle vague de financements, avec près de 46 % des ressources allouées.

Des investissements structurants pour le continent

Parmi les projets majeurs, le programme ASCENT-GREEN, développé avec la Banque mondiale, mobilise 250 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’énergie dans 21 pays africains. Le Conseil a également validé des financements directs pour des pays comme le Tchad, la Jamaïque et les Bahamas, renforçant l’accès des États aux ressources du Fonds.

Une gouvernance plus proche des États

Dans le même élan, plusieurs organisations nationales, notamment au Nigéria, ont été accréditées, illustrant une volonté d’ancrer davantage l’action climatique au niveau local. Pour Mafalda Duarte, cette transformation démontre qu’un multilatéralisme adapté peut produire des réponses concrètes face à l’urgence climatique.

En adoptant un modèle articulé autour de Abidjan et Nairobi, le Fonds vert pour le climat redéfinit sa stratégie africaine, avec l’ambition de conjuguer proximité, efficacité et impact durable au service du climat.

Solo Muna