Côte d’Ivoire : un Hub francophone permet de structurer la promotion de l’autosoin

Vues 4 173
Un atelier consacré à la promotion de l’autosoin s’est tenu mercredi 23 septembre 2026 à Abidjan, avec pour objectif de réfléchir à l’intégration de cette approche dans les politiques publiques de santé en Côte d’Ivoire.
La rencontre a été organisée conjointement par l’Agence pour le développement du marketing social (ADEMAS) et l’Agence ivoirienne de marketing social (AIMAS). Elle marque également le lancement de la démarche visant à installer un Hub francophone ouest-africain de l’autosoin, qui sera hébergé par l’ADEMAS.
Une réponse aux défis sanitaires
L’initiative intervient alors que les systèmes de santé sont confrontés à d’importants besoins en ressources humaines et en accès aux soins.
Les données présentées lors de l’atelier évoquent un déficit mondial potentiel de 18 millions d’agents de santé d’ici 2030. Elles font également état de 400 millions de personnes privées de soins essentiels et de 100 millions de personnes confrontées chaque année à la pauvreté en raison de dépenses médicales directes.
Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la Santé encourage la promotion de l’autosoin, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.
Trois axes identifiés
Selon Serigne Cheikh Guey, responsable du suivi-évaluation de l’ADEMAS, l’autosoin comprend notamment l’auto-prise en charge, l’auto-dépistage et la prise de conscience de soi.
La démarche est soutenue au niveau international par le Self-Care Trailblazer Group (SCTG), qui compte plus de 1 400 membres. La communauté francophone représente actuellement 13 % de ce réseau.
L’installation d’un Hub francophone en Afrique de l’Ouest vise ainsi à renforcer les échanges, les partenariats et l’accompagnement des acteurs francophones.
Une feuille de route pour la Côte d’Ivoire
Le directeur exécutif de l’ADEMAS, Cheikh Saad Bou Sarr, a indiqué que l’atelier devait notamment permettre de présenter les opportunités de partenariat liées au Hub et de travailler à l’élaboration d’une feuille de route nationale.
Pour sa part, Lazare Goussou Koudou, directeur exécutif de l’AIMAS, a souligné que l’autosoin pouvait contribuer à renforcer l’autonomie des populations dans certains gestes de santé, réduire certaines dépenses des ménages et limiter la pression sur les structures sanitaires.
Les participants ont toutefois souligné la nécessité d’un cadre réglementaire précis afin de sécuriser et d’accompagner le développement de ces pratiques.
La Côte d’Ivoire entend ainsi explorer l’autosoin comme un outil complémentaire de son système de santé, dans un contexte marqué par des besoins croissants en matière d’accès aux soins.
Tadina Christina
