Le bras de fer entre Washington et Caracas s’intensifie après l’annonce par le président américain Donald Trump de prochaines livraisons massives de pétrole vénézuélien aux États-Unis, dans un contexte politique marqué par l’enlèvement du président Nicolás Maduro et l’installation d’un pouvoir intérimaire à la tête du pays.
Mardi, Donald Trump a indiqué que les autorités intérimaires du Venezuela transféreraient entre 30 et 50 millions de barils de pétrole brut vers les États-Unis. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président américain a précisé que ce pétrole, jusque-là sous sanctions, serait vendu au prix du marché. Les revenus issus de ces ventes seront, selon lui, placés sous le contrôle de l’administration américaine afin de garantir qu’ils profitent aux populations des deux pays.
Le chef de la Maison Blanche a par ailleurs annoncé avoir donné instruction au secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, de procéder à l’exécution immédiate de cet accord. Le brut sera transporté par navires-citernes et livré directement dans les ports américains.
Cette annonce intervient quelques jours après une opération militaire américaine menée à Caracas, le 3 janvier, qui s’est soldée par l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Selon les autorités vénézuéliennes, l’intervention a causé la mort de 55 membres des forces vénézuéliennes et cubaines, suscitant de vives réactions sur la scène internationale.
Investie présidente par intérim après avoir prêté serment devant le Parlement, Delcy Rodríguez a fermement réagi aux déclarations de Donald Trump. « Le Venezuela se gouverne lui-même », a-t-elle affirmé, soulignant qu’aucune puissance étrangère ne dicte les décisions du pays. Elle répondait ainsi aux propos du président américain affirmant que Washington serait désormais « aux commandes » du Venezuela.
Sur le plan économique, la nouvelle dirigeante a rapidement procédé à des nominations stratégiques, désignant Calixto Ortega Sanchez, ancien responsable de la Banque centrale et expert du secteur pétrolier, comme vice-président chargé de l’économie. Une décision qui souligne le rôle central du pétrole dans l’économie vénézuélienne, malgré l’état de dégradation avancée des infrastructures énergétiques.
Delcy Rodríguez a également décrété sept jours de deuil national en mémoire des victimes de l’opération militaire américaine. Son gouvernement conserve par ailleurs des figures clés de l’appareil sécuritaire, dont le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et le ministre de la Défense Vladimir Padrino López.
Cette séquence marque un tournant décisif dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela, et plus largement avec l’Amérique latine, soulevant de lourdes interrogations sur le respect du droit international et l’avenir géopolitique de la région.
Tadina C.

