Le directeur général de la Televisão da Guiné-Bissau (TGB), Amadú Djamanca, a annoncé mardi sa démission, mettant fin à plus de cinq années passées à la tête de l’unique chaîne de télévision publique du pays. Un départ sur fond de satisfaction des réformes engagées, mais aussi de vives inquiétudes liées à l’absence de moyens financiers pérennes.
Dans une déclaration publiée sur la page Facebook de la TGB, Amadú Djamanca a remercié le gouvernement bissau-guinéen pour la confiance accordée, tout en saluant le soutien de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, qu’il a décrit comme un partenaire exigeant et déterminé à voir la télévision nationale progresser.
Nommé une première fois en mars 2020, en pleine crise sanitaire liée à la Covid-19, il a entrepris une vaste restructuration de la chaîne publique, permettant sa relance après plusieurs années de difficultés. Après trois ans et six mois de gestion, estimant avoir rempli sa mission, il avait quitté ses fonctions en août 2023, avant d’être rappelé le 18 janvier 2024, une responsabilité qu’il dit avoir acceptée « par sens du devoir et de l’intérêt général ».
Sous sa conduite, la TGB a connu une transformation notable, marquée par l’extension de sa couverture nationale, son intégration sur Canal Plus (canal 540), le renforcement de sa présence numérique avec des diffusions en direct sur les réseaux sociaux, ainsi que le passage de la diffusion analogique à la haute définition (HD) en novembre 2024.
Le dirigeant sortant a également mis en avant l’investissement inédit de l’État dans l’acquisition d’équipements techniques, soulignant le rôle déterminant de l’ancien président Sissoco Embaló, ainsi que l’appui de responsables gouvernementaux de l’époque, dont l’ex-ministre des Finances João Aladje Mamadu Fadia et l’actuel Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té.
Créée en 1989, la télévision nationale dépendait historiquement de partenaires étrangers, notamment la RTP du Portugal et la RTS du Sénégal. Depuis 2020, la TGB a toutefois amorcé un tournant stratégique, devenant progressivement autonome dans la production de ses programmes et de ses moyens techniques.
Malgré ces avancées, Amadú Djamanca a dressé un constat sévère sur la situation financière de la chaîne. Il a dénoncé le fait que la TGB demeure dépourvue de budget et de fonds de fonctionnement, ainsi que de taxe audiovisuelle, une situation qu’il juge unique parmi les télévisions publiques à travers le monde.
Selon lui, cette carence financière compromet durablement la mission de service public de la TGB, rendant impossible l’ouverture de bureaux régionaux, l’acquisition de contenus de qualité et l’amélioration continue des programmes.
À ce jour, le gouvernement de transition, issu du renversement de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló par le général Horta N’Tam, n’a pas encore réagi à cette démission ni communiqué sur la nomination d’un nouveau directeur général.
I.inter

