Marchés publics : les PME ivoiriennes outillées pour capter les 40 % de quota qui leur sont réservés

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Un atelier de sensibilisation s’est tenu jeudi 5 février 2026 à Abidjan, dans le but d’aider les Petites et Moyennes Entreprises (PME) à mieux s’approprier les 40 % de parts de marchés publics que la réglementation ivoirienne leur réserve.

Placée sous le signe de la croissance inclusive, la rencontre a été organisée par le Comité de concertation État/Secteur privé (CCESP), en collaboration avec la Direction générale des marchés publics (DGMP), sur les berges de la lagune Ébrié. Elle visait à réduire les obstacles informationnels et techniques qui limitent encore l’accès des entrepreneurs locaux à la commande publique.

Malgré les dispositions du nouveau Code des marchés publics, qui consacrent un quota de 40 % aux PME, un écart persiste entre le cadre légal et la réalité de terrain. L’atelier a ainsi permis d’identifier les principaux facteurs de blocage et de proposer des pistes concrètes pour améliorer la participation des entreprises nationales.

« C’est un atelier dédié aux PME qui ont droit à 40 % des marchés publics, mais qui, malheureusement, n’arrivent pas à capter ces parts, leur perception de la commande publique restant mitigée », a regretté Mariam Fofana Fadiga, secrétaire exécutive du CCESP.

Pour les autorités, l’enjeu est de corriger cette « asymétrie d’information » afin de faire du secteur privé un véritable levier de croissance économique. Les secteurs du BTP, de la bijouterie, du textile et de la mode figuraient parmi les plus représentés lors de cette session de renforcement de capacités.

Les échanges ont porté notamment sur les nouvelles dispositions du Code des marchés publics et sur la prise en main du SIGOMA (Système informatique de gestion des opérations de marchés de l’administration), outil clé dans la dématérialisation des procédures.

Reine Dagbo Quilliard, directrice de la composante 2 du projet ProREI (Promotion des réformes économiques et des investissements), a salué cet espace de dialogue, qu’elle juge essentiel pour bâtir un secteur privé « plus fort, plus structuré et plus compétitif ».

Une attention particulière a également été accordée à l’inclusion, notamment à l’accès des femmes entrepreneures aux opportunités offertes par la commande publique. La maîtrise des outils numériques demeure en effet un défi majeur pour de nombreuses petites structures.

De son côté, la DGMP a réaffirmé son engagement à simplifier les procédures. Pour Paul Brou Yao, directeur de la formation à la DGMP, cet atelier contribue à une meilleure compréhension des mesures de facilitation mises en place par l’État ivoirien.

En clôturant les travaux, Mariam Fofana Fadiga a invité les participants à devenir des relais d’information auprès de leurs pairs, afin que les réformes de la commande publique bénéficient pleinement à l’ensemble du tissu économique national.

I.inter