Lancée officiellement le 17 février 2026 à Abidjan, la 14e édition de la CGECI Academy se tiendra en octobre prochain autour du thème du capital humain. Pour le patronat ivoirien, l’avenir de la souveraineté économique africaine dépend désormais de la capacité à former, retenir et valoriser les talents.
La Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a procédé, mardi 17 février 2026, au lancement officiel de la 14e édition de la CGECI Academy, son forum économique annuel de référence. L’événement se déroulera les 29 et 30 octobre 2026 à Abidjan, avec pour ambition de repositionner le capital humain comme moteur central du développement et de la souveraineté économique du continent.
Réunis à la Maison de l’entreprise, dirigeants du secteur privé, responsables administratifs et partenaires institutionnels ont partagé une conviction commune : dans un contexte de mutations technologiques rapides, de transition énergétique et de concurrence mondiale accrue, l’avantage compétitif de l’Afrique réside avant tout dans ses ressources humaines.
Placée sous le thème « Capital humain, levier stratégique pour l’Afrique », cette édition intervient alors que le continent connaît une croissance démographique sans précédent. À l’horizon 2050, l’Afrique comptera près de 1,2 milliard de personnes en âge de travailler. Pour la CGECI, l’enjeu est de transformer cette dynamique démographique en dividende économique durable, en renforçant la formation, l’employabilité et l’esprit entrepreneurial.
Présidente de la Commission économique et diversification de la CGECI, Kadidiatou Fadika-Coulibaly a souligné que l’investissement dans les compétences constitue un préalable à toute stratégie d’industrialisation réussie. Selon elle, la jeunesse africaine, majoritaire et ambitieuse, représente un potentiel considérable qui doit être accompagné par des politiques cohérentes et des partenariats solides entre l’État et le secteur privé.
Le lancement a été présidé par Emmanuel Tra Bi, directeur général de l’Industrie, représentant le ministre du Commerce. Il a mis en avant la cohérence du thème avec les priorités nationales, dans un contexte où la Côte d’Ivoire affiche une croissance économique soutenue, supérieure à 6 % selon les projections pour 2025-2026. Le secteur industriel contribue désormais à hauteur de 22,5 % au PIB, traduisant la volonté du pays d’accélérer sa transformation structurelle.
Pour consolider cette dynamique, la CGECI entend faire de la CGECI Academy un espace de réflexion stratégique et d’engagement concret. Le secrétaire exécutif de la confédération, Stéphane Aka-Anghui, a annoncé un programme structuré autour de 20 sessions stratégiques, comprenant panels, conférences plénières et masterclass. Ces échanges viseront à analyser les écarts entre les formations disponibles et les besoins du marché, tout en identifiant des solutions opérationnelles.
L’événement mettra également à l’honneur l’innovation entrepreneuriale à travers le concours « Business Plan Competition », destiné à soutenir les jeunes porteurs de projets. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de stimuler la création d’entreprises et de renforcer l’écosystème des start-up ivoiriennes et africaines.
Autre innovation annoncée : la création d’un Indice patronal du capital humain, un outil d’évaluation destiné à mesurer l’engagement des entreprises en matière de formation continue, de gestion des talents et de promotion de l’innovation. L’objectif est d’encourager une culture de performance fondée sur l’investissement dans les compétences.
Les travaux devraient aboutir à l’adoption de la Déclaration d’Abidjan sur le capital humain, un document stratégique appelé à servir de référence pour les politiques publiques et privées. Des Awards viendront récompenser les initiatives les plus performantes en matière de développement des talents.
À travers cette 14e édition, le patronat ivoirien entend contribuer à la construction d’une économie africaine compétitive, inclusive et innovante. Pour la CGECI, la souveraineté économique du continent ne se décrète pas : elle se construit par la formation, l’excellence et la valorisation durable du capital humain.
I.inter

