Salon du capital humain 2026: l’ONG Yssika-Ekan intensifie son plaidoyer sur la santé mentale au travail

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Faire reconnaître la santé mentale comme une priorité dans les entreprises ivoiriennes. C’est l’objectif du plaidoyer porté par l’ONG Yssika-Ekan, qui a lancé le 7 mars 2026 à l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire les préparatifs de la 3ᵉ édition du Salon du capital humain 2026. Prévu du 15 au 17 octobre 2026, l’événement entend porter un plaidoyer fort pour une meilleure reconnaissance et prise en charge des troubles psychologiques en milieu professionnel.

Un plaidoyer pour combler le vide juridique

À travers le Salon du capital humain 2026, l’ONG Yssika-Ekan souhaite interpeller les pouvoirs publics sur l’absence de cadre législatif spécifique concernant les pathologies mentales en entreprise.

A en croire la présidente de ladite Ong, Yvette Yobouet Akissi, cette situation constitue un obstacle majeur à la protection des travailleurs.

Elle explique que le manque de textes juridiques adaptés limite la capacité des médecins du travail à délivrer des arrêts maladie de longue durée et à garantir une prise en charge financière appropriée pour les salariés confrontés à des troubles psychologiques.

« L’objectif est de mener un plaidoyer fort afin que l’État accorde une attention particulière à cette question pour qu’elle soit définitivement traitée », a-t-elle affirmé lors de la cérémonie de lancement.

Trois jours de réflexions pour faire évoluer les pratiques

Placée sous le thème « Santé et sécurité psychologique au travail », cette troisième édition du Salon du capital humain 2026 se veut une plateforme de réflexion et de propositions.

Pendant trois jours, experts, décideurs publics, entreprises et professionnels de santé échangeront autour de solutions concrètes pour améliorer la prévention et la prise en charge des risques psychosociaux.

Les travaux scientifiques comprendront :

  • une conférence inaugurale

  • des panels d’experts

  • des tables rondes consacrées à la médecine du travail et à la sécurité psychologique

L’objectif est de faire émerger des recommandations capables d’influencer les politiques publiques et les pratiques en entreprise.

Les médecins du travail appelés à jouer un rôle clé

 

Le président de la Société ivoirienne de médecine du travail, Jean Sylvain Bonny a salué cette initiative qui, selon lui, permettra d’approfondir les connaissances sur les risques psychosociaux.

Il a annoncé la réalisation d’enquêtes pluridisciplinaires afin de produire des recommandations plus adaptées aux réalités du monde du travail en Côte d’Ivoire.

Sensibiliser les entreprises et promouvoir le bien-être

Au-delà des débats scientifiques, le Salon du capital humain 2026 proposera également une journée dédiée au bien-être, combinant activités ludiques et concerts.

Cette approche vise à démontrer que la santé mentale et l’épanouissement des travailleurs constituent des facteurs essentiels de performance et de productivité.

L’événement bénéficie notamment du soutien de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, partenaire et sponsor.

Un rendez-vous appelé à peser dans les politiques publiques

Au fil des éditions, le Salon du capital humain s’impose progressivement comme un cadre de réflexion sur les conditions de travail en Côte d’Ivoire.

L’édition 2025 avait réuni 16 experts et 627 participants, tandis que celle de 2024 avait enregistré 20 experts et 553 participants.

Avec cette troisième édition prévue en octobre 2026, les organisateurs espèrent franchir une nouvelle étape: faire selon eux, de la santé mentale, un enjeu central des politiques sociales et des stratégies d’entreprise en Côte d’Ivoire.

Tadina Christina