Burkina Faso : l’exportation des ânes réinterdite pour protéger le cheptel national

Vues 5 840
Face à la multiplication d’abattoirs spécialisés dans les pays voisins, le Burkina Faso réactive l’interdiction d’exporter les ânes et leurs produits. Le Ministre d’État en charge de l’Agriculture, Ismaël Sombie, met en garde contre les risques de dépeuplement du cheptel national et rappelle la réglementation en vigueur.
Une menace pour le cheptel burkinabè
Dans un communiqué publié le 9 mars 2026, le Commandant Ismaël Sombie rappelle que certains pays frontaliers ont récemment ouvert des abattoirs spécialisés dans l’abattage des ânes, malgré une absence de ressources locales suffisantes. Cette situation encourage, selon le ministre, le trafic illégal d’ânes burkinabè, menaçant la préservation de l’espèce sur le territoire national.
« L’ouverture de ces abattoirs favorise l’exportation frauduleuse et compromet les efforts de sauvegarde du cheptel burkinabè », souligne le communiqué.
Cadre légal : interdiction formelle depuis 2016
Le ministre rappelle que l’exportation des ânes et de leurs produits est strictement interdite par le Décret n° 2016-0857/PRES/PM/MRAH/MCIA/MINEFID/MATDSI du 7 septembre 2016, qui réglemente l’abattage et l’exportation des équins au Burkina Faso.
Dans ce cadre, les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont désormais chargées d’intercepter et de déférer devant la justice toute personne transportant ou convoyant plus de trois têtes d’ânes sur le territoire national.
Appel à la vigilance et à la collaboration citoyenne
Le Commandant Sombie a appelé les populations à rester vigilantes et à collaborer avec les autorités pour dénoncer tout trafic ou exportation illégale d’ânes. Cette mesure vise à protéger non seulement le cheptel mais également les moyens de subsistance des éleveurs burkinabè, fortement dépendants des équins pour le transport et le travail agricole.
La réactivation de cette interdiction illustre la volonté des autorités burkinabè de préserver une ressource animale stratégique face à la pression croissante des marchés voisins.
I.inter
