Songon : des acquéreurs de terrains bloqués par le Cnra réclament justice

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Une situation qui s’enlise

À Songon, de nombreux Ivoiriens propriétaires de terrains dans les lotissements « Cité Abadjin-Doumin », « Cité Abadjin-Kouté », « Cité Sagou » et « Cité Akouédo d’Akoli Pierre » se trouvent dans l’incapacité de valoriser leurs biens. Ces sites, couvrant 243 hectares, sont situés derrière la direction générale du Centre national de recherche agronomique (Cnra).

Le ras-le-bol des acquéreurs

Lors d’une rencontre organisée le 13 mars 2026, le président du collectif des acquéreurs, Charles Anderson Koua, a exprimé son exaspération. Selon lui, les parcelles ont été acquises légalement auprès de propriétaires terriens et approuvées par des arrêtés ministériels datés du 09 août et du 07 octobre 2019.

« Nous sommes empêchés de travailler sur nos terres alors que nous détenons des Arrêtés de concession définitive (Acd) », a-t-il dénoncé. La situation est aggravée par la présence d’éléments de la gendarmerie sur le site, déployés par le Cnra pour sécuriser l’espace, alors que le centre n’y est pas encore installé.

Une « injustice » mise en lumière sur les réseaux

Le collectif, jusque-là silencieux pour ne pas créer de tensions, a été poussé à réagir après une publication sur les réseaux sociaux qui a ravivé le litige. « Nous avons jugé qu’il n’y avait pas de problème grave », affirme Charles Anderson Koua. Mais aujourd’hui, il demande l’intervention des autorités pour protéger les droits des acquéreurs.

La version du Cnra

De son côté, le Cnra rappelle que le site relève de son patrimoine scientifique, hérité d’un accord-cadre de coopération France-Côte d’Ivoire signé en 1984. Trois décrets d’affectation en 1998, plusieurs titres fonciers, décisions administratives et cessions amiables encadrent la propriété du terrain.

Face aux contestations, le Conseil d’État avait rendu le 3 juillet 2020 une ordonnance suspendant tout travaux d’exploitation sur le site. C’est cette décision qui justifie la présence des forces de l’ordre.

Une issue attendue

Les acquéreurs espèrent désormais une médiation des autorités administratives et gouvernementales pour trouver un terrain d’entente et préserver les droits de toutes les parties.

Tadina Christina