Cajou en Côte d’Ivoire : à Brobo, une mini-usine qui pourrait changer la donne

Vues 6 281

Le samedi 28 mars 2026, la localité de Brobo, dans le Gbêkê, a été le théâtre d’une mission stratégique menée par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation. Objectif : évaluer un projet ambitieux de mini-usine de transformation de noix de cajou, installé au sein de la coopérative Souralet.

Une mission de contrôle et d’évaluation sur le terrain

Conduite notamment par le Pr Assouman Bamba, directeur de l’UFR Communication et Société de l’Université Alassane Ouattara, et par Ouattara Zeinebou, la délégation s’est rendue sur site pour mesurer l’état d’avancement du projet.

Cette mission s’inscrit dans le suivi des initiatives financées par le FONSTI. Elle visait à vérifier la conformité des réalisations, la fiabilité des données techniques et financières, ainsi que la progression globale du projet porté par Droguy Yves Narcisse.

Une montée en puissance impressionnante

Sur le terrain, les experts ont découvert une unité en pleine transformation.
Selon Kouamé Kouassi Clément, président du comité de gestion de la coopérative, les progrès sont significatifs.

Avant 2019 : une production artisanale limitée à 200 à 300 kg par jour
Aujourd’hui : grâce aux équipements semi-automatiques, la capacité atteint au moins 3 tonnes par jour

Une évolution qui change radicalement les conditions de travail et améliore les rendements.

Une innovation pensée pour le contexte local

Le projet, lancé à la suite d’un appel du FONSTI en 2022, repose sur un objectif clair : concevoir des équipements adaptés aux réalités ivoiriennes.

Le dispositif comprend notamment :

  • un calibreur pour trier les noix
  • un cuiseur pour le traitement thermique
  • des décortiqueurs automatiques
  • un séchoir pour le conditionnement

Mais l’innovation va plus loin 
Les coques issues du décorticage sont recyclées grâce à un système de pyrolyse, produisant de la chaleur et des résidus assimilables à du charbon domestique.

Un projet pilote à fort potentiel

Actuellement en phase pilote, le projet continue d’être amélioré, notamment au niveau des machines de décorticage.

Son ambition est claire :
permettre aux coopératives locales de passer de la noix brute à l’amande semi-finie
renforcer la valeur ajoutée avant exportation

Avec un coût global estimé à 40 millions FCFA, dont 20 millions financés par le FONSTI, le projet a déjà nécessité des investissements supplémentaires pour évoluer vers des équipements semi-automatiques.

Vers une industrialisation locale du cajou ?

Pour le porteur du projet, l’enjeu dépasse Brobo. Il s’agit désormais de répliquer ce modèle dans d’autres régions afin de booster la transformation locale du cajou en Côte d’Ivoire.

Un appel implicite est lancé au FONSTI pour accompagner cette expansion.

Le FONSTI, moteur de l’innovation

Créé en 2018 avec l’appui du gouvernement suisse, le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation joue un rôle clé dans le financement et la valorisation de la recherche scientifique en Côte d’Ivoire.

Une initiative porteuse d’avenir

À Brobo, cette mini-usine n’est pas qu’un projet technique.
C’est une démonstration concrète que l’innovation locale peut transformer durablement les filières agricoles. Et peut-être, à terme, redéfinir toute l’économie du cajou ivoirien.

Tadina Christina