Abidjan : Benik Logistics International et Noatum nouent un partenariat stratégique pour faire de la Côte d’Ivoire un hub logistique régional

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La logistique ivoirienne entre dans une nouvelle dimension. Réunis mercredi 29 avril 2026 à l’hôtel Pullman Abidjan, BENIK Logistics International (BIL), entité du Benik Group, et Noatum, filiale du géant AD Ports Group, ont officialisé une alliance stratégique majeure destinée à accélérer la modernisation du secteur logistique en Côte d’Ivoire et à étendre son influence sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Portée par le slogan « Deux acteurs engagés pour une logistique intégrée, durable et tournée vers l’avenir », cette signature symbolise une convergence entre expertise locale et puissance mondiale, dans un contexte où la compétitivité logistique devient un enjeu clé de développement économique.

Ben Koné, cofondateur et directeur général de BENIK Logistics International, en compagnie du PCA Nabil Attié, a indiqué que cette alliance répond à une nécessité stratégique. A savoir: permettre à une entreprise ivoirienne à fort potentiel de franchir un nouveau seuil de croissance.
Après plusieurs années d’expérience dans le secteur, BIL affirme avoir atteint un niveau où les contraintes de financement, d’innovation technologique et de capacité opérationnelle nécessitaient l’appui d’un partenaire international de référence. L’objectif n’est plus seulement de consolider une présence nationale, mais de bâtir un acteur capable d’évoluer selon les standards mondiaux.
Grâce à l’appui de Noatum, BIL prévoit de déployer une offre plus large, articulée autour de solutions digitales intégrées couvrant plusieurs segments : fret maritime, fret aérien, entreposage, traçabilité des flux et solutions alternatives adaptées à la croissance du commerce régional.
Cette transformation devrait également conduire à une modernisation interne profonde : renforcement des compétences, montée en gamme organisationnelle, formation du personnel et adoption de standards internationaux. Pour BIL, il s’agit de passer du statut d’opérateur local performant à celui d’entreprise régionale structurante.
L’ambition affichée dépasse largement les frontières ivoiriennes. L’entreprise cible des corridors commerciaux jugés stratégiques pour l’intégration économique sous-régionale, notamment : Abidjan–Ouagadougou ; Abidjan–Bamako ; les connexions portuaires entre Abidjan, San Pedro, le Libéria et la Sierra Leone ; le transport lagunaire.
Cette orientation confirme une volonté de s’inscrire dans les dynamiques de connectivité régionale, alors que la fluidité logistique devient un facteur déterminant de compétitivité pour les économies ouest-africaines.
L’un des points les plus marquants de l’accord reste l’annonce d’un engagement financier de 5 milliards de dollars sur dix ans. Cet investissement potentiel devrait soutenir : l’acquisition de plateformes logistiques ; la modernisation d’infrastructures ; l’introduction de technologies numériques ; l’amélioration des capacités de fret multimodal.
Mais derrière l’effet d’annonce, les responsables rappellent que la réussite dépendra surtout de la qualité des projets développés localement. Pour Ben Koné, la priorité sera de structurer des initiatives crédibles, capables d’attirer durablement les capitaux internationaux.

Pour Samad Osman, directeur Afrique de Noatum, la collaboration avec BIL s’appuie sur une logique de complémentarité : combiner la connaissance fine du marché local avec les capacités globales d’un groupe présent dans plus de 27 pays. Noatum apportera notamment : une flotte mondiale de 300 navires ; une expertise digitale avancée ; un hub stratégique basé à Abu Dhabi ; une zone franche capable de soutenir les opérations africaines. Cette architecture vise à connecter la Côte d’Ivoire aux grands circuits mondiaux de transport et de commerce.
Au-delà du partenariat commercial, cette alliance pose la question du repositionnement stratégique de la Côte d’Ivoire dans les chaînes logistiques africaines et internationales. En misant sur la digitalisation, la modernisation des corridors et l’intégration multimodale, Abidjan pourrait renforcer son statut de plateforme incontournable en Afrique de l’Ouest.
Reste désormais l’épreuve du terrain : concrétisation des investissements, efficacité des infrastructures, compétitivité des services et création d’emplois qualifiés. Des initiatives qui pourraient constituer bien plus qu’un partenariat d’entreprise, si cette coopération atteint ses objectifs.
Tadina Christina