BURIDA : grand chamboulement à la tête de l’institution, le Pr HIEN Sié prend les commandes dans un contexte de réformes sous haute tension

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C’est un tournant stratégique pour l’une des institutions clés du secteur culturel ivoirien. Ce jeudi 7 mai 2026, le Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA) a officiellement changé de capitaine. À l’issue d’une cérémonie solennelle de passation de charges organisée à son siège, le Professeur HIEN Sié a été installé comme Directeur général par intérim entrant, succédant à Monsieur AKPATOU Kouamé Koffi Serge, qui assurait jusque-là la transition.

Organisée sous la supervision du Dr KOUAMÉ Kouadio Williams Jacob, Inspecteur Général du Ministère de la Culture et de la Francophonie, cette cérémonie s’est tenue en présence du Président du Conseil de Gestion et de Restructuration, des membres du Conseil ainsi que du Comité de Direction du BURIDA.

Départ de Ouattara Karim, transition stratégique et nouvelle ère

Cette passation intervient à la suite du départ de l’ex-Directeur général, Monsieur OUATTARA Karim, désormais appelé à siéger à l’Assemblée nationale en qualité de Député. Un changement majeur qui impose au BURIDA de maintenir le cap dans un contexte où la restructuration, la modernisation et la restauration de la confiance des ayants droit demeurent des priorités absolues.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le Président du Conseil de Gestion et de Restructuration a rappelé les enjeux de cette transition, insistant sur la nécessité d’assurer la continuité administrative tout en consolidant les réformes déjà engagées.

Un BURIDA sous pression : transparence, modernisation et confiance

Après la lecture officielle de l’arrêté ministériel n°007/MCF/CAB du 18 mars 2026 portant nomination du nouveau Directeur général par intérim, le Directeur sortant, AKPATOU Serge, a présenté les dossiers stratégiques de l’institution : cadre réglementaire, projets en cours, priorités techniques et défis structurels.

Il a notamment salué l’appui du Ministère de la Culture et de la Francophonie ainsi que les initiatives du Président Alassane Ouattara en faveur des Industries Culturelles et Créatives, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions de vie des créateurs et professionnels du secteur.

HIEN Sié : “poursuivre la modernisation sans rupture”

Dans une prise de parole très attendue, le Professeur HIEN Sié a exprimé sa reconnaissance à la ministre Françoise Remarck pour la confiance placée en lui. Il a également rendu hommage à son prédécesseur Ouattara Karim pour son leadership, ainsi qu’à AKPATOU Serge pour avoir assuré la stabilité de l’institution durant cette phase de transition.

Mais au-delà des remerciements, le nouveau patron par intérim du BURIDA a fixé son cap : poursuivre les efforts de modernisation, consolider les acquis et renforcer la protection des titulaires de droits d’auteur et droits voisins.

Une mission délicate : restaurer l’image du BURIDA

L’Inspecteur Général du ministère a clairement rappelé l’ampleur des défis qui attendent la nouvelle direction : modernisation administrative, amélioration de la gouvernance, transparence dans la gestion et surtout restauration de la confiance des ayants droit, souvent au cœur des attentes du monde artistique.

Dans un secteur où les enjeux financiers, sociaux et symboliques sont majeurs, la mission du nouveau Directeur général par intérim s’annonce particulièrement sensible.

Cohésion interne et rayonnement culturel : l’appel fort

En clôture, les autorités ont lancé un appel appuyé à l’ensemble des agents et responsables du BURIDA : faire bloc autour des réformes, privilégier la cohésion et travailler collectivement au rayonnement du secteur culturel ivoirien.

Le vrai défi : réformer pour convaincre

Cette passation dépasse donc le simple changement de dirigeant. Elle marque une nouvelle phase dans la transformation du BURIDA, à un moment où artistes, créateurs et ayants droit attendent davantage d’efficacité, de justice et de transparence.

Avec HIEN Sié aux commandes, l’institution joue désormais une séquence cruciale : réussir sa restructuration, rassurer les acteurs culturels et prouver qu’elle peut redevenir un pilier solide de la protection des artistes ivoiriens.

Tadina Christina