Mali : les frappes aériennes de Sikasso, réponse ferme de Bamako au blocus du JNIM

Vues 2 627

Les forces armées maliennes (FAMa) ont lancé, jeudi 6 novembre 2025, une série de frappes aériennes dans la région de Sikasso, en appui à un convoi de camions-citernes transportant du carburant. L’opération, menée sur l’axe Kadiana–Bougouni, marque une nouvelle phase dans la riposte de Bamako face à la guerre économique imposée par les groupes armés.

Selon le communiqué de l’État-Major, les frappes ont ciblé avec précision des positions terroristes identifiées à Donièna, Kouen et Bessina, dans le cercle de Kolondièba, une zone clé des corridors reliant le Mali à la Côte d’Ivoire et à la Guinée. Ces frappes visent à sécuriser les routes d’approvisionnement en hydrocarbures, essentielles à la stabilité du pays.

Depuis début septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a instauré un blocus sur les importations de diesel et d’essence, multipliant les embuscades contre les convois. Le 15 septembre, l’attaque d’un convoi de plus de 100 camions avait entraîné l’incendie de plusieurs dizaines de citernes, révélant la volonté du JNIM de frapper le Mali au cœur de son économie.

Face à cette pression, Bamako durcit sa posture. Les autorités maliennes affirment que les récentes frappes s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion et de contrôle aérien renforcé des axes d’importation.
L’armée, appuyée par ses drones de surveillance et ses unités d’aviation légère, entend désormais neutraliser toute tentative de sabotage des flux logistiques vitaux pour la population.

Les conséquences du blocus sont déjà visibles : stations-service à sec, files d’attente interminables à Bamako, hausse du prix des transports et ralentissement des services publics. Certaines écoles ont même été contraintes de fermer temporairement, faute de mobilité du personnel et des élèves.

Derrière ces frappes, se dessine un bras de fer stratégique entre l’État malien et les groupes armés, où le carburant devient un instrument de guerre. Le JNIM cherche à asphyxier le pays en bloquant les corridors économiques, tandis que Bamako réplique par la puissance militaire et la maîtrise du territoire.

Cette bataille dépasse la seule question énergétique : elle symbolise le combat d’un État en quête de souveraineté et de résilience face à la guerre asymétrique.
En ciblant les bases ennemies et en protégeant ses convois, le Mali affirme sa volonté de ne plus subir la guerre économique imposée par les terroristes.

Pour Bamako, la région de Sikasso – frontalière de la Côte d’Ivoire – devient un maillon stratégique dans la sécurisation des échanges régionaux.
Ces frappes du 6 novembre confirment une ligne claire : le Mali n’entend plus céder un seul kilomètre de ses routes vitales, ni laisser son économie être prise en otage par les groupes djihadistes.

Tadina Christina