Guinée : la Cour suprême valide la candidature du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle de 2025

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La Cour suprême de Guinée a tranché : le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, pourra bel et bien se présenter à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Sa candidature, très attendue, marque une étape décisive dans la transition politique en cours depuis plus de quatre ans.

Neuf candidats validés sur 51 dossiers déposés

Sur les 51 candidatures soumises, seules neuf ont été jugées recevables par la plus haute juridiction du pays, dont deux indépendantes. La liste définitive publiée ce week-end confirme la présence du général Doumbouya aux côtés de figures comme Abdoulaye Yéro Baldé, Makalé Camara, Ibrahima Abe Sylla, Faya Lansana Milimono, Abdoulaye Kourouma, Mohamed Nabe, Bouna Keïta et Mohamed Chérif Tounkara.

En revanche, la candidature de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté a été écartée, tout comme une trentaine d’autres dossiers invalidés pour raisons administratives.

Une candidature portée par un large soutien populaire

Le dépôt de la candidature du général Doumbouya, effectué le 3 novembre, avait déjà suscité une forte mobilisation. Vêtu d’un boubou traditionnel et escorté par la garde présidentielle, il s’était personnellement rendu à la Cour suprême pour déposer son dossier, sous les acclamations de ses partisans.

Sa démarche a reçu le soutien de plusieurs plateformes citoyennes, notamment la Synergie GMD25 et l’Alliance des forces patriotiques (AFP), qui ont salué son rôle dans la stabilisation du pays.
Au total, 368 présidents de délégations spéciales ont accordé leur parrainage au chef de l’État, vantant sa politique de refondation nationale.

Un paysage politique en pleine recomposition

Cette validation intervient alors que la scène politique guinéenne connaît une profonde mutation. La récente certification de 51 nouveaux partis porte désormais à 124 le nombre de formations reconnues.
Si certains anciens leaders comme Sidya Touré voient leurs partis réhabilités, d’autres figures majeures – Cellou Dalein Diallo (UFDG) et Alpha Condé (RPG) – restent exclues du jeu politique, leurs partis demeurant suspendus et leurs dirigeants en exil.

Une présidentielle sous haute tension

Adoptée lors du référendum de septembre 2025, la nouvelle Constitution écarte désormais toute candidature au-delà de 80 ans, tournant ainsi la page des vieilles gardes politiques.
Cette élection du 28 décembre s’annonce donc comme un moment charnière : celle où le général Mamadi Doumbouya, figure centrale de la transition depuis 2021, pourrait transformer son pouvoir de transition en mandat présidentiel légitime.

C.K.