Côte d’Ivoire : le front d’opposition PPA-CI – PDCI vacille à l’approche des législatives

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À quelques jours de la clôture du dépôt des candidatures pour les élections législatives du 27 décembre 2025, l’alliance entre le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam montre de sérieux signes d’essoufflement.

La décision du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de boycotter le scrutin législatif, annoncée le 6 novembre à l’issue d’une session extraordinaire de son Comité central, a semé le doute au sein du Front commun — la coalition née en juin pour contrer le RHDP et s’opposer à un éventuel quatrième mandat présidentiel.

« À deux, on était forts. Seul, le PDCI sera-t-il capable de résister ? », confie un cadre du PPA-CI à Jeune Afrique, traduisant la désillusion d’une base militante qui redoutait une telle rupture.
« C’est comme deux personnes assises aux extrémités d’un banc : l’une se lève sans prévenir l’autre, le banc penche et l’autre tombe », image un député du parti de Gbagbo.

Manque de concertation entre Gbagbo et Thiam

Selon plusieurs sources internes, aucune concertation préalable n’aurait eu lieu entre Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam avant la décision de boycott. Le PDCI, de son côté, a confirmé sa participation au scrutin et poursuit la constitution de ses listes électorales.

Tidjane Thiam aurait par ailleurs exprimé des réserves sur certaines initiatives du PPA-CI, notamment la marche du 8 novembre à Abidjan, organisée en hommage aux victimes des manifestations contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Le PDCI jugeait « inopportun » de manifester à la veille d’une campagne électorale.

Le préfet d’Abidjan a d’ailleurs rappelé, le 6 novembre, que cette marche était interdite, accentuant le flou au sein du Front commun et révélant le manque de coordination entre les deux grandes forces d’opposition.

Un nouveau rapport de force dans les fiefs de l’opposition

À Yopougon, bastion historique du PPA-CI, le retrait du parti de Gbagbo change la donne politique. Cette absence pourrait profiter au RHDP, notamment à la liste du président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo, jusque-là sérieusement menacée par une éventuelle alliance PPA-CI–PDCI.

Face à cette recomposition électorale, plusieurs députés sortants du PPA-CI demandent une clarification. Certains envisagent de rencontrer Laurent Gbagbo en personne pour connaître la ligne officielle avant la date limite du 12 novembre 2025.

Sans orientation claire et commune, l’opposition ivoirienne risque de payer le prix fort de sa division, alors que le RHDP avance, lui, en ordre de bataille.

Tadina Christina