Côte d’Ivoire: Pharmacopée africaine : l’UNA valorise les savoirs traditionnels à travers la recherche scientifique

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L’Université Nangui Abrogoua (UNA) a accueilli, le mardi 11 novembre 2025, la deuxième journée scientifique du Pôle Pharmacopée Africaine et Substances Naturelles (PPASN), autour du thème : « Substance naturelle et santé holistique ».
Cette rencontre a réuni chercheurs, enseignants, étudiants, tradipraticiens et partenaires institutionnels, tous animés par un objectif commun : valoriser le patrimoine naturel et les savoirs traditionnels africains grâce à la science.

Lors de l’ouverture de la journée, la directrice du PPASN, Pr Mamyrbekeva Janat, épouse Békro, a rappelé la motivation profonde de cette initiative. Selon elle, l’Afrique possède une biodiversité et des connaissances traditionnelles sur les plantes médicinales inestimables, mais celles-ci restent sous-exploitées ou exploitées de manière inéquitable, sans bénéfice réel pour les communautés locales.
« Il est temps que l’Afrique prenne en main sa recherche sur les substances naturelles et passe du statut de simple réservoir de plantes médicinales à celui de leader dans la recherche pharmaceutique mondiale », a-t-elle insisté, plaidant pour une collaboration étroite entre scientifiques et tradipraticiens comme clé d’un développement durable et équitable.

Le représentant adjoint de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, M. Jean Bosco Ki, a salué cette démarche, soulignant que l’organisation soutient la transformation des savoirs traditionnels en solutions scientifiques pour améliorer la santé publique. Il a également mis en avant les défis rencontrés par les chercheurs africains, notamment le manque d’équipements, de financements et d’infrastructures, et annoncé un plaidoyer auprès des autorités et partenaires pour renforcer les capacités des laboratoires.

La journée a été ponctuée par une conférence inaugurale du Pr Yves-Alain Békro, directeur du Laboratoire de chimie bio-organique des substances naturelles de l’UNA, qui a présenté le potentiel thérapeutique et économique des plantes médicinales africaines. Des expositions ont permis aux tradipraticiens et chercheurs de montrer leurs innovations, illustrant la richesse et la diversité du patrimoine botanique du continent.

Au final, cette journée scientifique du PPASN s’affirme comme une plateforme de dialogue entre science moderne et savoirs ancestraux, contribuant à la reconnaissance de la pharmacopée africaine dans le développement sanitaire mondial.

Tadina Christina