Quatre mineurs toujours détenus à Agboville après trois semaines de manifestations politiques

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Quatre mineurs, âgés de 11 à 14 ans, restent incarcérés à la prison civile d’Agboville depuis trois semaines, suite à leur participation présumée aux manifestations organisées par le Front commun, une coalition de partis d’opposition, ont indiqué des sources proches des familles. Malgré les appels répétés pour leur libération afin qu’ils reprennent le chemin de l’école, leur situation demeure inchangée.
Lors du compte-rendu du Conseil des ministres ce mercredi, le porte-parole du gouvernement, ministre Amadou Coulibaly, a justifié la décision de maintenir les jeunes en détention. « Ces mineurs se sont certainement retrouvés dans cet environnement carcéral parce qu’ils ont été impliqués d’une façon ou d’une autre dans les violences et manifestations qui ont eu cours », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Ce n’est pas parce que vous êtes mineurs que vous pouvez bénéficier d’un passe-droit pour violer les lois de votre pays. Ils subiront la rigueur de la loi comme tous les autres. »
Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques accrues en Côte d’Ivoire. Des partis d’opposition, tels que le PDCI et le PPA-CI, ont organisé des marches et rassemblements pour dénoncer le processus électoral, notamment la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat, et pour réclamer la réintégration de certains leaders exclus de la course présidentielle.
Le gouvernement a interdit la plupart de ces rassemblements, invoquant des raisons de sécurité et de maintien de l’ordre public. Les forces de l’ordre ont été déployées à Abidjan et dans plusieurs villes de l’intérieur pour disperser les manifestations, utilisant gaz lacrymogènes et procédant à de nombreuses arrestations. Le bilan officiel fait état d’au moins dix morts, dont un gendarme, et de plus de 700 interpellations.
Parmi ces arrestations, 32 manifestants ont été condamnés le 22 octobre 2025 à trois ans de prison ferme pour trouble à l’ordre public, une décision actuellement contestée devant les tribunaux par leurs avocats.
Lfl
