Côte d’Ivoire : Guillaume Soro et GPS dévoilent la « Mériquité », une nouvelle doctrine politique

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Depuis son exil, Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, engage une nouvelle étape dans l’évolution idéologique de son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS). Le mouvement, dissous par la justice ivoirienne, présente désormais la « Mériquité » comme sa doctrine politique de référence.
Selon ses promoteurs, cette pensée constitue une volonté de s’affranchir des grands courants idéologiques traditionnellement importés d’Occident. GPS affirme ainsi ne se réclamer ni du socialisme, ni du capitalisme, du marxisme, du communisme ou encore de la social-démocratie.
« Nous ne sommes pas socialistes. Nous ne sommes pas des capitalistes ultra-libéraux. Nous ne sommes pas des marxistes. Nous ne sommes pas communistes. Nous ne sommes pas des sociaux-démocrates. Nous sommes des Mériquitiens », soutiennent les partisans de Guillaume Soro.
Présentée comme le fruit de plusieurs semaines de réflexion associant notamment politologues, sociologues, anthropologues et juristes, la Mériquité entend proposer une lecture politique adaptée aux réalités contemporaines de l’Afrique.
Ses concepteurs rejettent notamment le modèle d’une « bourgeoisie ultra-libérale compradore », accusée de favoriser l’exploitation des ressources nationales au profit d’intérêts extérieurs.
La nouvelle doctrine se positionne également par rapport aux grandes idéologies historiques. Elle reproche au socialisme et au communisme de subordonner excessivement l’individu au collectif, tandis que le fascisme serait présenté comme une autre forme de dissolution de la personne dans une logique nationale exacerbée.
La social-démocratie et le conservatisme sont également distingués de cette nouvelle approche, la première pour son compromis avec le libéralisme et le second pour son attachement à la préservation de l’ordre traditionnel.
Au cœur de la Mériquité se trouve ainsi l’individu, mais un individu considéré comme profondément lié à sa communauté. La doctrine part du principe que chaque personne porte un héritage familial, culturel, social et économique qui participe à sa construction.
Pour autant, cette interdépendance ne doit pas conduire à la domination du collectif sur l’individu. La Mériquité défend plutôt un équilibre entre responsabilité envers la société et reconnaissance du mérite personnel.
Ses promoteurs présentent ainsi Guillaume Soro comme le penseur-fondateur de cette nouvelle orientation, appelée à être prochainement déclinée dans des propositions concrètes en matière de gouvernance, d’économie et de développement.
La Mériquité se veut donc, pour GPS, davantage qu’un slogan politique : une tentative de formalisation d’une pensée présentée comme un « humanisme moderne » adapté aux réalités africaines.
I.inter