AES : le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent harmoniser leurs distinctions honorifiques

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Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé une réflexion commune sur l’harmonisation de leurs systèmes de distinctions honorifiques, dans le cadre du renforcement de leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une première rencontre technique réunissant les secrétaires généraux des Grandes Chancelleries des trois pays s’est tenue à Ouagadougou. Les travaux portent notamment sur les cadres juridiques et institutionnels régissant les décorations et distinctions nationales.
Reçue par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, la délégation a présenté les premières orientations de cette démarche. Selon le Grand Chancelier des Ordres burkinabè, le général de brigade à la retraite Pingrenoma Zagré, l’objectif est de réfléchir à des valeurs, des critères et des symboles susceptibles d’être partagés à l’échelle de l’espace confédéral.
Valoriser les références culturelles du Sahel
Pour les autorités burkinabè, cette initiative doit également permettre de repenser les mécanismes de reconnaissance du mérite en tenant davantage compte des réalités historiques et culturelles des trois pays.
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a ainsi appelé à dépasser certaines références héritées de la période coloniale et à accorder une place plus importante aux identités et aux valeurs culturelles propres au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
« N’ayons pas peur d’être différents », a-t-il notamment déclaré, insistant sur la nécessité de faire des symboles nationaux et des distinctions honorifiques des instruments de valorisation de l’identité.
Le chef du gouvernement burkinabè a également plaidé pour une meilleure sensibilisation des jeunes générations aux symboles nationaux et à la signification des distinctions accordées au mérite.
Vers un modèle commun
La réflexion pourrait aussi intégrer certaines références issues des traditions africaines. Pour le chef de cabinet de la Grande Chancellerie du Mali, Adama Traoré, la reconnaissance du mérite constitue une pratique ancienne dans les sociétés africaines, notamment à travers la valorisation du courage, de la bravoure et des services rendus à la communauté.
À terme, les trois États souhaitent faire des distinctions honorifiques un outil commun de promotion du patriotisme, de l’engagement citoyen et de la contribution au développement de l’espace AES.
Cette démarche s’inscrit plus largement dans la volonté du Burkina Faso, du Mali et du Niger de renforcer leurs mécanismes communs et de consolider leur intégration au sein de l’AES.
I.inter
