AITEK Innovation Summit 2026: l’Afrique depuis Abidjan, face au défi de transformer son potentiel technologique en puissance économique à travers l’IA

Vues 5 365
La deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit a placé la souveraineté numérique et la création de valeur au cœur des discussions sur l’avenir technologique africain. Organisée le 2 octobre 2026 à Abidjan, cette rencontre a réuni décideurs publics, entrepreneurs, experts et acteurs académiques autour d’une interrogation centrale : comment faire de l’intelligence artificielle un instrument de développement maîtrisé, plutôt qu’une technologie simplement consommée ?
L’Afrique dispose d’une jeunesse de plus en plus familiarisée avec les outils numériques et l’intelligence artificielle. Pourtant, la maîtrise des infrastructures, le financement de l’innovation et la capacité à transformer les compétences en entreprises compétitives demeurent au cœur des enjeux de son développement technologique.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, le vendredi 2 octobre 2026 à Abidjan, la deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit, sous le thème « De l’intelligence artificielle à l’impact ».
La rencontre a notamment rassemblé le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, le fondateur et CEO du Groupe AITEK, Dr Redda Ben Geloune, ainsi que des acteurs économiques, technologiques et diplomatiques, dont l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire.
Au-delà de l’adoption, la question de la maîtrise

Pour Dr Redda Ben Geloune, l’intelligence artificielle doit contribuer à améliorer les conditions de vie des populations et à réduire le décalage technologique entre l’Afrique et les autres régions du monde.
« La véritable question aujourd’hui, c’est de savoir comment on va passer justement de l’intelligence artificielle à un impact », a-t-il déclaré. Cette interrogation renvoie à un enjeu plus large : la capacité des économies africaines à participer à la conception, au financement et au déploiement des technologies qu’elles utilisent.
La souveraineté numérique, inscrite parmi les grands axes du sommet, s’articule ainsi avec la compétitivité des entreprises, le développement des infrastructures et l’émergence de solutions conçues sur le continent.
Réguler sans freiner l’innovation
Le ministre Amadou Coulibaly a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’encadrer les usages de l’intelligence artificielle générative.« L’intelligence artificielle générative est déjà là. Il faut maintenant en réguler l’utilisation », a-t-il affirmé. Il a plaidé pour un cadre garantissant une utilisation éthique et morale de ces technologies et appelé les entreprises à renforcer leur conformité aux normes nationales de cybersécurité.

Le ministre a également souhaité que les propositions formulées lors du sommet soient transmises aux autorités compétentes afin de contribuer à la réflexion sur la régulation numérique.
Financer, former et faire grandir les entreprises africaines
La transformation technologique ne dépend toutefois pas uniquement des règles et des infrastructures. Elle repose également sur la capacité à financer les initiatives, à accompagner les entrepreneurs et à ouvrir des débouchés aux compétences locales.
Amadou Coulibaly a ainsi appelé à transformer le potentiel de la jeunesse africaine en emplois, en entreprises, en recherche et en valeur créée sur le continent. « Un projet financé, un partenariat signé, une équipe formée valent mieux que tous les rapports », a-t-il souligné.
Les cinq grands débats du sommet portent sur la cyber-résilience, la performance de l’intelligence artificielle, la souveraineté numérique, le financement de l’innovation africaine et la transformation du travail.
À travers cette programmation, Abidjan accueille une réflexion qui dépasse le seul cadre ivoirien : celle des conditions permettant aux économies africaines de ne pas rester uniquement des marchés d’adoption des technologies, mais de développer leurs propres capacités d’innovation, de production et de création de valeur.
La réussite de cette ambition dépendra notamment de la concrétisation des propositions en projets, en partenariats et en opportunités durables pour les entreprises et les jeunes talents du continent.
Tadina Christina
