Banques dans l’UMOA : des sanctions renforcées sur fond de contestation des prélèvements abusifs

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La Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) intensifie ses mesures disciplinaires contre les établissements de crédit. Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, une dizaine de banques ont été sanctionnées pour divers manquements, notamment en matière de gouvernance, de gestion des risques, de conformité réglementaire et de lutte contre le blanchiment de capitaux. Cette surveillance accrue intervient alors que les pratiques de prélèvement bancaire suscitent de nombreuses plaintes en Côte d’Ivoire.

D’après le dernier rapport annuel du régulateur, la Commission bancaire a prononcé 40 injonctions à l’encontre de 37 établissements de crédit, contre 20 injonctions l’année précédente. Les mesures disciplinaires évoquées comprennent notamment des blâmes et des sanctions pécuniaires. Toutefois, les décisions publiées ne permettent pas toujours d’identifier les établissements concernés par chaque grief ni de connaître précisément les montants associés.

Des clients dénoncent des débits multiples

En Côte d’Ivoire, les prélèvements multiples figurent parmi les pratiques contestées par des clients de plusieurs banques. Dans une enquête publiée par Linfodrome, des usagers de la Banque de l’Union (BDU), d’Ecobank, de la Banque nationale d’investissement (BNI), de NSIA Banque et de Société Générale ont signalé des débits qu’ils estiment injustifiés. Certains ont affirmé avoir subi des découverts ou rencontré des difficultés à régler leurs dépenses courantes en attendant une régularisation.

À ce stade, les informations disponibles ne permettent cependant pas d’établir un lien direct entre ces réclamations et les sanctions annoncées par le régulateur. Les établissements cités dans les témoignages de clients ne doivent donc pas être confondus avec les banques effectivement sanctionnées pour ces faits.

Les associations de consommateurs réclament des remboursements rapides lorsque les erreurs sont confirmées, une meilleure prise en charge des réclamations et, le cas échéant, la compensation des frais occasionnés.

Gouvernance et normes prudentielles dans le viseur

Les prélèvements multiples ne constituent qu’une partie des préoccupations soulevées. Le contrôle bancaire régional porte également sur le respect des normes prudentielles, la gouvernance, la gestion des risques et les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Selon les données évoquées dans le texte source, une amende de 151 millions de FCFA, assortie d’un blâme, a été prononcée en décembre 2025 contre un établissement non identifié, pour des insuffisances liées à la lutte contre le blanchiment. En juillet 2026, une autre banque aurait été sanctionnée d’une amende de 300 millions de FCFA, accompagnée d’un blâme, pour des manquements aux normes prudentielles, à la gouvernance et à la gestion des risques. Le même montant aurait également été infligé à trois banques de la région, situées en Côte d’Ivoire, au Niger et au Burkina Faso.

Parallèlement, la question de la tarification des services bancaires reste au cœur des critiques. Yves Aka, président de la Fédération nationale des associations de consommateurs de Côte d’Ivoire (FACCI), a notamment dénoncé, dans un entretien accordé à Linfodrome, la facturation de prestations qui devraient être gratuites.

Dans un contexte de concurrence accrue du Mobile Money, la transparence des frais, le traitement des réclamations et le respect des règles restent des enjeux majeurs pour la confiance des usagers. La publication de décisions plus détaillées par le régulateur permettrait également de mieux distinguer les manquements établis des plaintes encore en attente de résolution.

I.inter