Covid long en Côte d’Ivoire : l’INSP mobilise les professionnels de santé autour d’une meilleure prise en charge

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Face aux symptômes persistants observés chez certaines personnes après une infection à la Covid-19, l’Institut national de santé publique mise sur la formation, le partage d’expériences et la recherche scientifique pour améliorer le parcours de soins.

La lutte contre les conséquences de la Covid-19 ne s’arrête pas avec la fin de la phase aiguë de la pandémie. C’est le message porté par l’Institut national de santé publique (INSP), qui souhaite renforcer les moyens d’identification et de prise en charge du Covid long en Côte d’Ivoire et dans l’espace francophone africain.

L’institution a consacré, jeudi 29 octobre 2026, à Abidjan-Plateau, une journée scientifique à cette problématique. Organisée par son Superhub ECHO de l’Afrique francophone, la rencontre s’est tenue autour du thème : « Covid long, sortie de l’ombre, le comprendre aujourd’hui pour mieux vivre demain ».

Plus de 500 professionnels déjà formés

Prenant la parole à l’ouverture, le directeur de l’INSP, le professeur William Yavo, a attiré l’attention sur la persistance des effets de la pandémie chez de nombreux patients. Ces manifestations prolongées peuvent affecter leur santé physique et psychologique, mais également perturber leurs activités familiales et professionnelles.

Pour le responsable, l’enjeu consiste désormais à mieux reconnaître cette affection, à améliorer le suivi des personnes concernées et à proposer des réponses thérapeutiques fondées sur des connaissances scientifiques solides.

Dans cette perspective, l’INSP développe depuis 2023 un programme de formation avec l’Université du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. Cette coopération a déjà permis de renforcer les compétences de plus de 500 professionnels de santé provenant de plus de 40 pays d’Afrique et d’autres continents, a précisé le professeur Yavo.

Le dispositif ECHO Long Covid ne se limite pas à la formation. Il encourage également les échanges entre praticiens, afin de confronter les expériences, de mieux cerner les différentes expressions de la maladie et d’identifier des réponses adaptées aux réalités du terrain.

Fatigue, douleurs et troubles cognitifs : un diagnostic parfois complexe

Au nom du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, l’inspecteur général de la santé, le docteur Kpaho Bernard, a rappelé l’ampleur des défis liés au Covid long.

Il a notamment cité plusieurs manifestations possibles de cette affection : fatigue prolongée, difficultés respiratoires, douleurs, troubles neurologiques et cognitifs, ainsi que problèmes psychologiques. Cette multiplicité de symptômes complique parfois l’identification de la maladie et appelle à une vigilance accrue des professionnels de santé.

Le représentant du ministre a donc plaidé pour une sensibilisation renforcée des soignants et des populations. Il a également souligné l’importance de rapprocher les résultats de la recherche des réalités quotidiennes des structures sanitaires, afin de mieux répondre aux besoins des patients.

La recherche au service des décisions sanitaires

Pour le docteur Kpaho, les connaissances produites par les chercheurs doivent se traduire en mesures concrètes. Il s’agit notamment de faire évoluer les protocoles de soins, d’améliorer le suivi des patients et d’éclairer les décisions de santé publique.

Cette journée scientifique constitue ainsi un cadre de concertation entre chercheurs, cliniciens, responsables institutionnels et autres acteurs du secteur sanitaire. En favorisant cette coopération, l’INSP et ses partenaires ambitionnent de faire progresser la compréhension du Covid long et de contribuer à une prise en charge plus adaptée des personnes qui en subissent les conséquences.

Kom Firmin