Réunis à Abidjan le 19 février 2026, les partenaires de la Plateforme nationale de coordination des initiatives d’agroforesterie ont évalué la première année de mise en œuvre du projet de transformation du verger ivoirien en système agroforestier. À quelques jours de l’Assemblée générale prévue les 25 et 26 février, experts et institutions ont réaffirmé leur engagement pour une cacaoculture durable et conforme aux nouvelles normes environnementales.
Abidjan a servi de cadre, ce jeudi 19 février 2026, à un atelier technique stratégique réunissant une quarantaine d’experts, de partenaires institutionnels et d’acteurs engagés dans les projets carbone. Objectif : dresser le bilan de la première année d’activités de la Plateforme nationale de coordination des initiatives d’agroforesterie et affiner les priorités en vue de l’Assemblée générale annoncée pour les 25 et 26 février prochains.
Lancée officiellement le 13 mars 2025, cette plateforme accompagne la transformation progressive du verger ivoirien vers un modèle agroforestier. Une orientation devenue incontournable dans un contexte marqué par la pression climatique, la dégradation du couvert forestier et les nouvelles exigences internationales en matière de production durable.
Une étape charnière pour le secteur
Pour Patricia Assamoi Ouffoué, directrice adjointe chargée de la recherche et de la lutte contre le changement climatique au Conseil du Café-Cacao (CCC), cette rencontre constitue un moment décisif.
« La session d’aujourd’hui vise à faire le point sur la première année d’activités menées ensemble, à se projeter vers l’avenir et à identifier les axes de travail pour les prochains mois », a-t-elle expliqué.
En sa qualité d’organe de régulation des filières café et cacao, le CCC veille à l’application rigoureuse du cadre réglementaire. Chaque intervention sur le terrain doit désormais s’inscrire dans une logique de préservation des ressources naturelles et de pérennisation des cultures.
L’agroforesterie, une obligation écologique et normative
L’agroforesterie ne relève plus du simple choix technique. Elle s’impose comme une exigence écologique et réglementaire. L’introduction d’essences forestières et fruitières au sein des plantations permet de recréer de l’ombrage, d’améliorer la fertilité des sols et de renforcer la résilience des cacaoyers face aux variations climatiques.
Pour soutenir les producteurs, le Conseil du Café-Cacao et ses partenaires procèdent à la distribution gratuite de plants. Cette stratégie vise à accélérer la transition vers des systèmes agricoles plus équilibrés, tout en garantissant la productivité.
L’enjeu est également normatif. La norme ARS 1000 relative au cacao durable, adoptée par le Conseil, impose désormais la pratique de la cacaoculture au sein de systèmes agroforestiers. « L’idée est de savoir où nous en sommes dans cette volonté de transformer tout notre verger. Le bilan que nous faisons permet d’avoir une situation précise par rapport à nos objectifs », a précisé Patricia Assamoi Ouffoué.
Un appui international affirmé
Les partenaires internationaux soutiennent cette dynamique. La Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) figure parmi les institutions engagées aux côtés des autorités ivoiriennes.
Selon Zoungrana Mahama, expert des questions agricoles à la FAO en Côte d’Ivoire, la restauration du couvert forestier constitue une urgence nationale. « L’ambition des autorités est de promouvoir un modèle de production cacaoyère plus durable », a-t-il souligné.
L’appui de la FAO se traduit notamment par le renforcement des capacités du régulateur, l’accompagnement technique des acteurs et l’élaboration d’outils structurants, dont un catalogue des espèces agroforestières adaptées aux différentes zones de production.
Cap sur l’Assemblée générale
Les travaux de cet atelier ont porté sur l’évaluation des actions menées en 2025 et sur les perspectives pour 2026. Les discussions ont également abordé des questions sensibles, telles que le marché du carbone, la valorisation environnementale des plantations et les défis persistants liés à la réhabilitation des vergers vieillissants.
Les conclusions de cette rencontre serviront de base à l’Assemblée plénière de la semaine prochaine. Les parties prenantes devront y consolider les orientations stratégiques et renforcer la coordination des initiatives sur l’ensemble du territoire.
À l’issue de la journée, les participants ont exprimé leur volonté commune de créer une véritable synergie d’actions. Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, l’enjeu est double : maintenir son leadership économique tout en répondant aux nouvelles exigences écologiques internationales.
I.inter

