ALT–Russie : un vote historique engage le Burkina sur la voie de la souveraineté énergétique

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L’Assemblée législative de Transition (ALT) a franchi un cap majeur ce vendredi 21 novembre 2025. À l’unanimité, les députés ont donné leur feu vert à la ratification de l’accord de coopération nucléaire conclu entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie. Un choix politique fort, un acte de souveraineté assumé, et une étape décisive pour sortir durablement le pays de la pénurie énergétique.

Réunis sous la présidence d’Ousmane Bougouma, les 71 parlementaires présents ont approuvé ce texte stratégique, signé le 19 juin 2025 à Saint-Pétersbourg. Par ce vote, la représentation nationale valide la mise en place d’un cadre solide pour le développement d’infrastructures nucléaires, le transfert de technologies, la formation de cadres burkinabè et la gestion rigoureuse des déchets radioactifs.

Face à un déficit énergétique chronique qui freine le développement industriel et prive des millions de Burkinabè d’un accès fiable à l’électricité, le gouvernement assume une position claire. Le ministre des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a rappelé l’ampleur du défi : en 2024, seuls 34,20 % des citoyens avaient accès à l’électricité. « Nous ne pouvons plus avancer à pas lents », a-t-il insisté. Le nucléaire apparaît désormais comme un levier incontournable pour garantir l’autonomie énergétique du pays.

Certains députés ont interpellé l’exécutif sur les questions de sécurité, d’accès à l’eau, de risques environnementaux ou encore sur le contrôle des infrastructures. Le ministre de l’Énergie, Yacouba Zagré Gouba, a tenu à rassurer : toutes ces préoccupations seront intégrées dans l’étude de faisabilité, une étape cruciale qui permettra de définir la technologie la plus adaptée, le dimensionnement des installations et les zones d’implantation.

Ce partenariat dépasse d’ailleurs le seul cadre de la production électrique. Il ouvre des perspectives nouvelles dans la médecine nucléaire, l’agriculture, l’industrie et la recherche scientifique. Plusieurs spécialistes burkinabè se forment déjà en Russie, conformément au mémorandum signé en octobre 2023. Une génération de compétences nationales est en train de naître, au service de l’indépendance technologique du pays.

Avec ce vote unanime, l’ALT envoie un message puissant : le Burkina Faso refuse la fatalité énergétique. Le pays s’engage sur la voie d’un avenir où chaque foyer, chaque entreprise, chaque service public pourra compter sur une énergie stable, maîtrisée et souveraine. Un tournant historique, et l’un des actes les plus forts de la Transition.

Tadina C.