Les Forces armées ghanéennes ont procédé, mardi, à l’évacuation d’Alhaji Seidu Abagre de la ville de Bawku, une mesure présentée par les autorités comme une étape clé dans la mise en œuvre des recommandations issues de la médiation conduite par l’Otumfuo Asantehene Osei Tutu II sur le conflit de chefferie qui secoue cette localité du nord-est du Ghana.
Dans une déclaration officielle publiée le 24 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, Muntanka Mohammed-Mubarak, a assuré que l’opération s’est déroulée dans le calme et que la personne concernée est actuellement placée sous la protection des services de sécurité de l’État.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement du rapport de médiation remis par l’Asantehene, autorité traditionnelle de premier plan, appelée à intervenir pour favoriser une désescalade durable des tensions opposant les communautés Mamprusi et Kusasi à Bawku. Le conflit, ancien et profondément enraciné, demeure l’un des plus sensibles du pays en matière de chefferie traditionnelle.
Située dans une zone frontalière stratégique avec le Burkina Faso et le Togo, la ville de Bawku est régulièrement confrontée à des flambées de violences ayant entraîné pertes en vies humaines, déplacements de populations et perturbations économiques. Face à cette situation, l’État ghanéen multiplie les initiatives visant à restaurer l’ordre et la coexistence pacifique.
L’évacuation d’Alhaji Seidu Abagre, menée sous escorte militaire, reflète la volonté des autorités de prévenir toute résurgence de tensions, tout en respectant le cadre défini par la médiation traditionnelle. Les autorités n’ont toutefois pas communiqué sur sa destination finale, invoquant des raisons de sécurité.
Le recours à la médiation de l’Otumfuo Asantehene Osei Tutu II met en lumière la place centrale des chefs traditionnels dans la résolution des conflits au Ghana. Leur autorité morale demeure un levier important pour accompagner l’action de l’État dans la recherche de solutions durables aux crises communautaires.
I.inter

