Burkina Faso et Ghana relancent leur coopération avec sept nouveaux accords stratégiques

Vues 2 409
À l’occasion de la 13e Grande Commission mixte de coopération tenue à Ouagadougou, le Burkina Faso et le Ghana ont signé sept instruments juridiques couvrant des secteurs clés : transport, sécurité, gestion des catastrophes et coopération transfrontalière. Une étape décisive pour consolider l’axe Ouagadougou-Accra et produire des effets concrets au bénéfice des populations.
Le Burkina Faso et le Ghana affichent une volonté claire de renforcer leur partenariat bilatéral. Vendredi, à Ouagadougou, les deux pays ont conclu sept instruments juridiques à l’issue de la 13e Grande Commission mixte de coopération, traduisant une ambition commune de donner un nouvel élan à leurs relations diplomatiques, économiques et sécuritaires.
La réunion ministérielle était coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Les travaux ont permis d’aboutir à la signature d’accords bilatéraux, d’un accord-cadre et de protocoles d’accord destinés à structurer la coopération sur des bases plus solides.
Faciliter les échanges et renforcer l’intégration
L’un des principaux accords concerne la coopération en matière de transport et de transit. Ce texte vise à fluidifier la circulation des marchandises et des personnes entre les deux pays. Pour les acteurs économiques, cette mesure devrait favoriser les échanges commerciaux et réduire les obstacles logistiques.
Un autre accord porte sur la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux. Cette disposition simplifie la mobilité des citoyens burkinabè et ghanéens, en supprimant certaines démarches administratives et en facilitant les déplacements transfrontaliers.
Dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires et climatiques, les deux États ont également signé un accord relatif à la prévention et à la gestion des catastrophes et des crises humanitaires. Ce cadre vise à renforcer la coordination des réponses d’urgence et à améliorer la capacité d’anticipation face aux risques.
La coopération sécuritaire a aussi été renforcée à travers un accord portant sur la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes. Les deux pays entendent intensifier leur collaboration pour contrer les réseaux criminels et préserver la stabilité régionale.
Un accent sur la coopération transfrontalière
Au-delà des accords sectoriels, un accord-cadre de coopération transfrontalière a été paraphé. Il vise à promouvoir le développement des zones frontalières, souvent confrontées à des défis spécifiques en matière d’infrastructures et de services sociaux.
Un protocole d’accord prévoit la création d’une commission mixte paritaire chargée de la réaffirmation de la frontière commune. Cette initiative a pour objectif de consolider la sécurité juridique et de prévenir tout différend territorial.
Par ailleurs, un autre protocole institue des cadres de concertation périodiques entre les autorités administratives frontalières. Ces mécanismes permettront d’assurer un dialogue régulier et une meilleure coordination sur les questions sécuritaires et socio-économiques.
Une dynamique politique assumée
À l’issue des travaux, les deux chefs de la diplomatie ont salué les résultats obtenus et rendu hommage à l’engagement des présidents Ibrahim Traoré et John Dramani Mahama. Leur vision commune aurait favorisé ce rapprochement diplomatique et cette relance de la coopération bilatérale.
Pour Karamoko Jean Marie Traoré, ces sept instruments constituent des outils concrets au service du développement. Il a insisté sur leur dimension opérationnelle, affirmant qu’ils doivent produire des effets tangibles pour les économies et les populations.
Son homologue ghanéen a, de son côté, réitéré le soutien d’Accra à Ouagadougou et souligné l’importance de traduire les engagements en actions mesurables.
Des retombées attendues pour les citoyens
Les deux délégations ont convenu de veiller à la mise en œuvre effective des accords signés. L’objectif est que les bénéfices soient perceptibles dans la vie quotidienne des citoyens, notamment en matière de mobilité, de sécurité et de développement économique local.
Dans un contexte régional exigeant, le renforcement des liens entre le Burkina Faso et le Ghana apparaît comme un levier stratégique pour consolider la stabilité et favoriser la croissance.
La prochaine étape est déjà fixée. La 14e Grande Commission mixte de coopération se tiendra en 2028 sur le sol ghanéen. D’ici là, Ouagadougou et Accra entendent transformer ces engagements juridiques en réalisations concrètes, confirmant la solidité et la durabilité de leur partenariat stratégique.
I.inter
