Congrès de l’UNJCI : une bataille judiciaire menace la tenue de la 12e édition

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À quelques jours du 12e congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 20 et 21 février 2026, une procédure judiciaire vient troubler le processus électoral. Le candidat à la présidence du Conseil exécutif, Franck Ettien, soutenu par le président sortant Jean Claude Coulibaly, a été assigné en justice par un collectif de journalistes qui dénonce des irrégularités dans sa candidature.

Le 12e congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) s’ouvre dans un climat de tension inédit. À l’approche du scrutin destiné à renouveler les instances dirigeantes de l’organisation, une action en justice vient jeter une ombre sur la tenue du rendez-vous statutaire.

Franck Ettien, candidat à la présidence du Conseil exécutif et soutenu par Jean Claude Coulibaly, fait l’objet d’une assignation en justice initiée par le « Collectif des journalistes pour le respect des textes ». Selon des informations recueillies auprès d’un membre de son staff, une citation à comparaître lui a été délivrée mercredi par un commissaire de justice.

Cette procédure pourrait avoir des conséquences majeures. Sauf rebondissement de dernière minute, elle pourrait entraîner un nouveau report du congrès, initialement programmé pour les 20 et 21 février 2026.

Des irrégularités alléguées dans le dossier de candidature

Le collectif à l’origine de l’action judiciaire affirme agir au nom du respect des textes qui régissent l’UNJCI. Dès le 13 février, il avait annoncé son intention de saisir la justice pour dénoncer ce qu’il considère comme des manquements graves aux conditions d’éligibilité.

Au cœur de la contestation figurent les cartes exigées pour briguer la présidence du Conseil exécutif. Selon les statuts de l’organisation, trois cartes de membre sont requises pour valider une candidature. Le collectif soutient que Franck Ettien aurait obtenu de manière irrégulière deux des trois cartes nécessaires.

Autre point de discorde : la validité de sa carte de journaliste professionnel. Celle-ci serait contestée par les plaignants, qui estiment que certaines conditions liées à son statut professionnel ne seraient pas conformes aux exigences réglementaires.

Une situation administrative contestée

La polémique s’étend également à la situation administrative du candidat. Franck Ettien figure toujours sur la liste du personnel du Conseil régional du Gbôklé, alors qu’il aurait affirmé avoir démissionné de son poste de Directeur de cabinet.

Or, selon le collectif, cette fonction serait incompatible avec certaines exigences statutaires, notamment en ce qui concerne la détention de la carte professionnelle de journaliste et la candidature à la présidence du Conseil exécutif de l’UNJCI.

Des preuves matérielles auraient été présentées lors d’une rencontre au cabinet du ministre de la Communication. Elles montreraient que le nom de Franck Ettien apparaît toujours officiellement sur la liste du personnel du Conseil régional du Gbôklé.

Ces éléments constituent, selon les plaignants, des indices sérieux d’irrégularités justifiant la saisine de la justice.

Préserver l’intégrité de l’organisation

Du côté du « Collectif des journalistes pour le respect des textes », l’objectif affiché n’est pas de cibler un individu, mais de défendre l’intégrité et la crédibilité de l’UNJCI.

Pour ses membres, le respect strict des textes fondateurs de l’organisation est une condition indispensable à la légitimité du futur Conseil exécutif. Ils estiment que toute entorse aux règles pourrait fragiliser l’institution et porter atteinte à son image auprès de la profession et de l’opinion publique.

Dans cette logique, le collectif envisage également de saisir la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance afin de diligenter un audit du Conseil régional du Gbôklé. Cette démarche viserait à clarifier la situation administrative du candidat et à faire toute la lumière sur les faits dénoncés.

Un congrès sous haute tension

Cette séquence judiciaire intervient dans un contexte déjà sensible, où les enjeux de gouvernance et de transparence occupent une place centrale au sein de la corporation.

Le congrès de l’UNJCI constitue un moment clé pour la profession journalistique en Côte d’Ivoire. Il détermine les orientations stratégiques de l’organisation et le leadership appelé à défendre les intérêts des journalistes pour les années à venir.

L’issue de la procédure engagée contre Franck Ettien pourrait donc avoir un impact déterminant sur la tenue effective du scrutin et sur la recomposition des équilibres internes.

À quelques jours de l’échéance, l’incertitude demeure. Entre respect des textes, exigences de transparence et stabilité institutionnelle, l’UNJCI se retrouve face à un test majeur pour sa crédibilité et sa cohésion.

I.inter