Côte d’Ivoire: à la veille d’un rendez-vous judiciaire, le PDCI-RDA affiche sa cohésion

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Réuni le 19 février 2026 à la Maison du parti à Cocody, le PDCI-RDA a exprimé son soutien à son Secrétaire exécutif en chef, Calixte Yapo, convoqué devant la justice ce 20 février. Entre dénonciation de pressions politiques et appel à la mobilisation, la formation dirigée par Tidjane Thiam met en avant la discipline et la résilience.

La Maison du parti a retrouvé l’effervescence des grands jours. Le jeudi 19 février 2026, cadres, militants, jeunes et femmes du PDCI-RDA se sont rassemblés en urgence à Cocody. L’enjeu est majeur.
Le Secrétaire exécutif en chef, Calixte Yapo, doit comparaître devant la justice ce vendredi 20 février.
À la veille de cette audience, le parti a choisi de faire bloc.

Un message de solidarité

La rencontre a été marquée par une série d’interventions appelant à la cohésion. Les responsables du parti parlent d’un moment difficile. Ils évoquent des pressions, dénoncent un climat politique tendu. Représentant le président Tidjane Thiam, le vice-président Gilbert Bleu-Lainé a donné le ton. Selon lui, le parti traverse une période d’épreuves. Mais il refuse d’y voir un signe de faiblesse. « Si nous sommes attaqués, c’est que nous comptons encore », a-t-il affirmé devant des militants attentifs. Le message est clair. Le PDCI-RDA ne se considère pas fragilisé. Il se dit éprouvé, mais debout.

Discipline et constance

Gilbert Bleu-Lainé a insisté sur la nécessité de garder la tête froide. Il appelle à la discipline.
À la responsabilité. Pour lui, le parti, bientôt octogénaire, revendique une histoire marquée par la constance. « Les 80 ans du PDCI-RDA ne sont pas le fruit du hasard », a-t-il rappelé. A en croire la direction, la cohésion interne est la meilleure réponse aux turbulences actuelles. Pas de divisions, pas de surenchère. L’objectif est de préserver l’image d’une formation politique organisée et structurée.

Appel à la mobilisation au tribunal

Autre moment fort, l’intervention d’Aby Raoul, haut représentant de Tidjane Thiam pour le district d’Abidjan. Il a lancé un appel direct aux militants: Être présents au Plateau, accompagner Calixte Yapo lors de son audience. « Nous devons lui témoigner notre soutien », a-t-il déclaré. La mobilisation se veut pacifique. Elle vise à exprimer une solidarité morale, mais aussi, à envoyer un signal politique. Aby Raoul a également réaffirmé la fidélité du parti à Tidjane Thiam, actuellement hors du pays.
Il a appelé les militants à un engagement « total et responsable ».

Une justice contestée

Les différentes structures du parti ont pris la parole. Notamment, les jeunes, les femmes, les secrétaires généraux de section. Tous dénoncent ce qu’ils qualifient d’« instrumentalisation de la justice ».
Dans le même temps, ils réaffirment leur attachement à l’État de droit. Le parti dit vouloir le respect des procédures. Mais il conteste la manière dont certaines affaires sont conduites. Pour ses responsables, la séquence actuelle dépasse le cadre individuel. Elle touche à la crédibilité du parti, ainsi qu’à  son rôle sur l’échiquier politique national.

Un test politique

À l’approche de futures échéances, la situation est sensible. Le PDCI-RDA veut apparaître uni,
solide, déterminé. La direction parle de résilience. Elle présente les difficultés comme un test de maturité politique. Reste à savoir comment évoluera le dossier judiciaire. L’audience du 20 février pourrait clarifier la situation. En attendant, le parti d’Houphouët-Boigny mise sur la mobilisation collective.
À Cocody, où le ton était grave, et  la détermination visible.

Le PDCI-RDA entend transformer cette période d’incertitude en démonstration de cohésion. Un message destiné à ses militants, mais aussi à ses adversaires.

Tadina Christina