Côte d’Ivoire : dans le Guémon et le Cavally, les coopératives café-cacao appelées à se professionnaliser

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Le diagnostic est sans appel : les sociétés coopératives du Guémon et du Cavally doivent encore franchir plusieurs étapes pour atteindre les standards de professionnalisation fixés par le Conseil du café-cacao. Les résultats d’une étude portant sur 339 sociétés coopératives ont été présentés jeudi 24 septembre 2026 à Guiglo, lors d’un atelier organisé au siège du conseil régional.

Un niveau de professionnalisation encore insuffisant

L’étude avait pour objectif d’évaluer le niveau d’organisation et de professionnalisation des coopératives relevant de la délégation régionale du Conseil du café-cacao, mais également d’identifier les mesures nécessaires à leur développement.

Présentant les résultats au nom de la direction générale, le directeur chargé des projets et du suivi-évaluation, Dr Bongué Mamadou, a relevé l’ampleur du travail restant à accomplir. Selon lui, peu de structures respectent actuellement les critères de professionnalisation établis par le Conseil.

Cette situation intervient alors que l’État ambitionne de porter à 350 le nombre d’entreprises coopératives performantes à l’horizon 2035 au niveau national.

Gestion et capacités financières au cœur des difficultés

Le diagnostic met notamment en évidence deux faiblesses majeures : une capacité économique limitée et une maîtrise insuffisante de la gestion financière.

Des lacunes qui peuvent également compliquer l’accès au financement, les établissements bancaires prenant en compte ces éléments dans l’évaluation des demandes de crédits.

Le Conseil du café-cacao appelle ainsi les responsables des coopératives à renforcer leurs mécanismes de contrôle interne et à améliorer la production de leurs états financiers.

Sur le plan commercial, les performances restent également limitées. Le seuil considéré comme viable dans la filière est fixé à 1 500 tonnes de produits commercialisés par campagne. À Guiglo, seules 17 des 334 coopératives recensées seraient actuellement en mesure d’atteindre ce niveau.

Vers des « entreprises coopératives »

Pour le Conseil du café-cacao, l’enjeu dépasse la simple organisation des structures. Les organisations professionnelles agricoles doivent progressivement passer du statut de coopératives à celui de véritables entreprises coopératives, capables de créer davantage de valeur et de participer au développement économique local.

L’exemple de l’Union des sociétés coopératives Kimbé (ECOOKIM) a notamment été cité. Cette faîtière s’est développée dans l’exportation, dispose d’unités industrielles et a diversifié ses sources de revenus.

Un accompagnement adapté au profil de chaque coopérative

À l’issue du diagnostic, les sociétés coopératives ont été réparties en trois catégories : faibles, moyennes et fortes, selon leur niveau de structuration et leurs performances.

Le Conseil du café-cacao prévoit désormais d’adapter son accompagnement à chacune de ces catégories. Les mesures annoncées comprennent notamment le renforcement des capacités, les formations, le coaching ainsi que la mise à disposition de logiciels de gestion comptable et financière.

L’objectif est de permettre aux coopératives du Guémon et du Cavally de renforcer progressivement leur organisation, leur capacité économique et leur contribution au développement de la filière café-cacao.

Tadina Christina