Côte d’Ivoire : la forêt disparaît, l’on parle encore de “synergie”

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Pendant que la forêt ivoirienne s’effondre, les experts se réunissent. Le 18 mars 2026, à Cocody, dans Abidjan, l’Union des entreprises du monde agricole et forestier (Unemaf) a lancé un atelier pour repenser les relations entre agriculture et exploitation forestière.
Problème : pour beaucoup, il est peut-être déjà tard.
16 millions d’hectares… réduits à 2,9
Le chiffre lâché par Yoro Bi Tizié donne le vertige. En un siècle, la Côte d’Ivoire a perdu l’essentiel de sa forêt.
Une disparition massive, silencieuse, progressive… et largement connue.
Alors pourquoi agir seulement maintenant ?
Le vrai problème : un modèle à bout de souffle
Derrière les discours techniques, une réalité dérangeante :
l’agriculture ivoirienne consomme la forêt
l’exploitation du bois accélère la dégradation
les politiques publiques peinent à suivre
Résultat : deux secteurs censés être complémentaires fonctionnent en réalité en collision.
“Synergie” : mot-clé ou écran de fumée ?
Aujourd’hui, les acteurs parlent de “complémentarité”, de “gestion durable”, de “coexistence”.
Mais sur le terrain ?
- déforestation continue
- pression foncière accrue
- pratiques peu contrôlées
La question se pose : la synergie est-elle une solution réelle ou un nouveau slogan ?
Reboisement : l’espoir… ou un simple rattrapage ?
Certains, comme Boubacar Ben Salah, veulent croire à un tournant grâce au reboisement.
Mais replanter peut-il vraiment compenser des décennies de destruction ?
Et surtout :
replante-t-on assez vite ?
protège-t-on vraiment ces nouvelles forêts ?
Le temps presse
Car pendant que les débats avancent… la forêt recule.
Et avec elle :
- la biodiversité
- la fertilité des sols
- l’équilibre climatique
Une question qui dérange
Au fond, une seule interrogation demeure : la Côte d’Ivoire est-elle prête à changer radicalement son modèle agricole ? Ou continuera-t-elle à produire… jusqu’à épuiser ses dernières ressources ?
L’atelier de Cocody marque peut-être un tournant. Ou peut-être une prise de conscience tardive. Sans décisions fortes, la forêt ivoirienne pourrait devenir, dans quelques décennies, un simple souvenir.
I.inter
