Crise au PDCI-RDA : Valérie Yapo crée un courant interne et revendique une “réforme de l’intérieur”

Vues 4 237

Nouvel épisode dans les tensions au sein du PDCI-RDA. Ce lundi 4 mai 2026 à Abidjan, Valérie Yapo, membre du bureau politique et ancienne déléguée départementale du parti à Akoupé, a annoncé la mise en place d’un courant interne dénommé « Héritiers pour la Démocratie et la Légalité (HDL PDCI-RDA) », lors d’une conférence de presse.

Dans sa déclaration, la responsable politique a tenu à cadrer l’initiative. « Aujourd’hui, nous annonçons la création d’un courant à l’intérieur du PDCI-RDA, le mouvement Héritiers pour la Démocratie et la Légalité », a-t-elle indiqué, précisant qu’il ne s’agit ni d’une dissidence ni d’une rupture avec la direction actuelle du parti. « C’est un acte de responsabilité pour corriger de l’intérieur », a-t-elle ajouté.

Cette annonce intervient alors que le PDCI-RDA traverse une période de fortes tensions internes depuis la prise de fonction de Tidjane Thiam à sa tête en 2023. Contestations de légitimité, procédures judiciaires et divergences de gouvernance alimentent depuis plusieurs mois un climat de crispation au sein du parti.

Valérie Yapo justifie la création de ce courant par ce qu’elle qualifie de dysfonctionnements internes persistants. Elle évoque notamment une centralisation excessive des décisions, un affaiblissement des organes statutaires et une réduction de l’espace de débat démocratique. « Nous avons choisi une option claire : agir dans le cadre du parti et non contre lui », a-t-elle affirmé.

Elle insiste toutefois sur la loyauté de sa démarche : « Nous ne sommes pas contre le PDCI-RDA. Nous sommes pour sa refondation. »

Le mouvement HDL PDCI-RDA se donne pour mission de restaurer la démocratie interne, renforcer le respect des textes, revitaliser les instances du parti et préserver la cohésion des militants. « Il s’agit de reconstruire la confiance et de renforcer la crédibilité du parti », a expliqué Valérie Yapo.

Affirmant bénéficier du soutien de plusieurs cadres, sans les nommer, elle estime que le moment est venu d’agir pour éviter une fragilisation durable du parti. « Le silence ne peut plus être une option », a-t-elle déclaré.

Le courant se veut réformiste et refuse toute logique de confrontation. Il prône le dialogue interne, la discipline organisationnelle et la recherche de solutions consensuelles. « On ne sauve pas un parti en le fracturant, mais en le réformant de l’intérieur », a-t-elle martelé.

Dans un contexte politique déjà marqué par des rivalités internes, cette initiative pourrait relancer les débats sur la gouvernance et l’avenir du PDCI-RDA, alors que les équilibres internes restent fragiles.

Tadina Christina