Côte d’Ivoire : à Bozi et Zatta, « Les Zinzins du Bonheur » misent sur la solidarité pour renforcer l’égalité des chances

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L’égalité des chances dans l’accès à l’éducation passe aussi par la capacité des communautés à mobiliser des ressources au profit des enfants. C’est le pari renouvelé par l’Association Les Zinzins du Bonheur, qui a organisé samedi 3 octobre 2026 une double cérémonie de distribution de kits scolaires à Bozi, dans le département de Bouaflé, et à Zatta, dans le département de Yamoussoukro. Huit établissements primaires ont été concernés par cette opération qui a permis, selon le décompte détaillé communiqué lors des cérémonies, de soutenir 2 341 élèves.
Cette 16ᵉ édition de l’action de solidarité de l’association, présidée par le Dr Magloire Amichia, s’inscrit dans une démarche qui associe aide matérielle et accompagnement de l’ensemble de la communauté éducative.
À Bozi, 924 élèves des écoles Bozi 1 à Bozi 4 ont reçu des kits scolaires. L’opération a été conduite en partenariat avec Menzies Aviation. Les enseignants ont également bénéficié de matériel didactique, tandis que les établissements ont reçu des équipements complémentaires, notamment des boîtes à pharmacie et des drapeaux.
À Zata, le soutien s’élargit aux écoles et aux enseignants
La caravane s’est ensuite rendue à Zatta, où 1 417 élèves des quatre établissements primaires de la localité ont bénéficié de kits scolaires.

Le contenu de l’aide répond à une volonté affichée de l’association de ne pas réduire le soutien à quelques fournitures. Selon le Dr Amichia, les kits sont constitués à partir des besoins recensés auprès du ministère de l’Éducation nationale, auxquels l’association ajoute notamment une tenue scolaire.
Les enseignants ont également été intégrés au dispositif. Du matériel didactique leur a été remis afin de renforcer leurs conditions de travail et, par conséquent, les capacités d’accompagnement des élèves.
L’inspecteur de l’enseignement préscolaire et primaire, Kouadio Kangh Barthélémy, a salué une action qui, selon lui, traduit concrètement l’idée d’une responsabilité collective autour de l’éducation. Il a appelé les enseignants à utiliser efficacement le matériel reçu et les élèves à faire de leurs fournitures des instruments au service de leur réussite.
De la distribution au suivi des résultats
Pour Les Zinzins du Bonheur, l’enjeu est désormais d’aller au-delà de la cérémonie de remise. Le président de l’association a annoncé un suivi des bénéficiaires et notamment des élèves de CM2.
L’association s’appuie sur une expérience récente pour illustrer cette volonté. Elle cite notamment le cas de l’EPP Kinneu, qui serait passée de 0 % de réussite au CEPE en 2025 à 100 % en 2026 après l’intervention de partenaires et la mise en place d’un accompagnement matériel et pédagogique. Cette évolution est également documentée dans des communications publiques de l’association et par des médias ivoiriens.
À Zatta, l’action a également fait émerger des besoins structurels. Les responsables scolaires ont évoqué la surcharge des classes et le manque d’équipements, notamment une photocopieuse. Une réponse a été annoncée pour cet équipement, tandis que la Fondation Porteo a contribué à la réhabilitation d’une école ancienne de la localité.

Une sélection orientée vers les zones qui en ont le plus besoin
«Le choix de Bozi et Zatta n’est pas présenté comme le fruit de relations personnelles. L’association met en place un processus de sélection des localités, en privilégiant des villages ou zones où les besoins apparaissent particulièrement importants », a expliqué, Dr Amichia.
Cette philosophie prolonge les actions menées les années précédentes. En 2025, l’association avait déjà distribué plus de 2 000 kits dans plusieurs villages de Dabou, avec du matériel didactique et des équipements sanitaires destinés aux écoles.
À travers cette nouvelle étape, Les Zinzins du Bonheur cherchent donc à faire de la solidarité scolaire un mécanisme de réduction des inégalités, tout en responsabilisant parents et enseignants. Car, pour l’association, fournir les outils ne suffit pas : leur impact se mesure aussi dans la progression des élèves et dans les résultats obtenus au terme de l’année scolaire.
Tadina Christina
(Envoyée spéciale)
