Ghana : interpellation de 17 soldats burkinabé à Wuru, une frontière sous haute vigilance

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Les forces de sécurité du district de Sissala Est, dans la région du Haut-Ouest du Ghana, ont arrêté le 2 janvier 2026 dix-sept soldats burkinabé lourdement armés en territoire ghanéen, à proximité de Wuru, localité frontalière à environ une heure de route à l’est de Tumu.
Les militaires, âgés de 20 à 30 ans, se déplaçaient avec un important arsenal incluant armes à feu, munitions et engins explosifs. Leur présence a immédiatement alerté les habitants, qui ont signalé aux autorités locales l’installation d’une position défensive à l’aide de sacs de sable. « Nous avons reçu un appel de détresse de membres de la communauté signalant la présence d’éléments armés en train de mettre en place une position de combat. Nous avons agi avec prudence », a expliqué un responsable sécuritaire ghanéen.
Les forces ghanéennes ont mené une opération discrète pour neutraliser les soldats sans échange de tirs. Les militaires ont été maîtrisés, désarmés et transportés avec leurs équipements vers les installations de sécurité. Aucun blessé n’a été enregistré.
Lors de leur audition, les soldats burkinabé ont affirmé qu’ils effectuaient une patrouille de routine et qu’ils avaient franchi la frontière par erreur. Malgré ces déclarations, les autorités ghanéennes ont maintenu les militaires en détention provisoire plusieurs heures pour évaluer la situation et coordonner avec la hiérarchie nationale. Une directive centrale a ensuite ordonné leur libération en fin de journée, avec restitution des armes et équipements, dans un cadre diplomatique strict.
L’incident illustre les défis sécuritaires dans la zone frontalière de Wuru, au cœur de la forêt de Nazinga, une région dense et difficile d’accès, où des incursions d’individus armés avaient déjà été signalées entre 2022 et 2023. Ces mouvements perturbaient l’activité agricole, principale source de subsistance des habitants, et accentuaient le sentiment d’insécurité.
Les autorités ghanéennes ont souligné leur gestion mesurée de l’affaire, évitant toute récupération politique, et ont rappelé l’importance de la coopération transfrontalière pour prévenir tout malentendu pouvant dégénérer dans cette région sensible.
I.inter
