Inclusion sociale en Côte d’Ivoire : l’ONECI et le BCPFS misent sur l’identité pour sécuriser les aides

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Le jeudi 2 avril, à Abidjan, l’ONECI et le BCPFS ont officialisé un partenariat stratégique destiné à renforcer l’identification des bénéficiaires des filets sociaux. Une démarche qui traduit une évolution structurelle dans la gestion des politiques sociales ivoiriennes.

Corriger une faille majeure du système social

Malgré l’ampleur des programmes de transferts monétaires déployés par le BCPFS, une contrainte persistante fragilise leur efficacité : l’absence de documents d’identité pour une part importante des bénéficiaires. Comme l’a souligné Koné Kipeya Brahima, près de 30 % des personnes ciblées ne disposent pas de Carte Nationale d’Identité. Cette situation engendre : des difficultés d’accès aux aides, des risques de fraude via des intermédiaires, une perte de traçabilité des transferts

Des investissements importants, un besoin de fiabilisation

Les filets sociaux représentent un pilier essentiel de la lutte contre la pauvreté en Côte d’Ivoire. Avec plus de 196 milliards de FCFA déjà mobilisés et une couverture nationale, le dispositif a permis de soutenir un grand nombre de ménages vulnérables. Toutefois, sans un système d’identification robuste, ces investissements restent exposés à des inefficacités structurelles.

L’identité comme levier de transformation publique

Le partenariat avec l’ONECI vise à combler ce déficit en s’appuyant sur le Registre National des Personnes Physiques, socle du système d’identité nationale.

Selon Ago Christian Kodia, Directeur général de l’ONECI, une identification fiable permet : d’attribuer un identifiant unique à chaque citoyen, de supprimer les doublons, de sécuriser les flux financier d’améliorer la gouvernance publique Cette approche marque un passage d’une gestion sociale approximative à une gestion basée sur la donnée et la traçabilité.

Une réponse alignée sur les priorités de l’État

Cette convention s’inscrit dans la dynamique du Programme Social du Gouvernement, qui fait de l’inclusion et de la protection sociale des axes prioritaires. Elle traduit également une volonté de modernisation de l’action publique, où l’identité devient un outil stratégique au service de l’équité sociale.

Vers une meilleure protection des bénéficiaires

Au-delà de la performance administrative, l’enjeu est aussi humain. Disposer d’une Carte Nationale d’Identité permet aux bénéficiaires : d’accéder directement aux aides,  réduire leur dépendance à des tiers, sécuriser leurs ressources, etc. L’identité devient ainsi un facteur de dignité et d’autonomie pour les populations vulnérables.

En misant sur l’interconnexion entre politiques sociales et système d’identification, l’ONECI et le BCPFS ouvrent la voie à un modèle plus efficace, où chaque aide atteint réellement sa cible.

Tadina Christina