Mali : attaques simultanées contre plusieurs usines à Bafoulabé avec des enlèvements signalés

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La région de Kayes, dans l’ouest du Mali, a été secouée dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 janvier 2026 par des attaques coordonnées visant plusieurs unités industrielles dans le cercle de Bafoulabé. Ces incidents, accompagnés d’incendies et d’enlèvements, interviennent dans une zone déjà soumise à un couvre-feu nocturne strict depuis juillet 2025, en raison de la dégradation persistante de la sécurité.
Selon des sources locales, plus d’une centaine d’hommes armés, circulant à moto, ont été repérés à Selinkegny avant de se diviser pour frapper simultanément plusieurs sites le long de la Route nationale 22. Les installations touchées incluent la cimenterie Diamond Cement à Gangontéry, la Carrière et Chaux du Mali à Karaga ainsi que l’usine Stones. Des engins et véhicules ont été incendiés, générant d’importants dégâts matériels et d’épais nuages de fumée visibles à distance.
Au moins trois personnes ont été enlevées sur le site de Diamond Cement, selon des informations concordantes, tandis que certaines sources évoquent un quatrième otage. Aucun bilan officiel de blessés ou de morts n’a été communiqué dans l’immédiat. Un responsable de Diamond Cement a confirmé les faits via les réseaux sociaux, précisant que plusieurs autres entreprises, y compris des sociétés étrangères, ont été touchées.
La sécurité locale a été renforcée, et la traversée du fleuve dans la zone a été temporairement suspendue pour protéger les civils et le personnel des entreprises.
Cette attaque survient dans un contexte sécuritaire déjà fragile. Depuis le 1er juillet 2025, Bafoulabé et la région de Kayes sont soumis à un couvre-feu de 21 heures à 6 heures et à des restrictions strictes de circulation. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés indique que la région a enregistré 101 incidents et 222 victimes civiles au premier semestre 2025, pour une population estimée à plus de 813 000 habitants.
Les sites visés avaient déjà été attaqués le 1er juillet 2025, notamment la cimenterie Diamond Cement, lors d’une opération ayant conduit à l’enlèvement de trois citoyens indiens. Ces attaques répétées sont attribuées au Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), qui intensifie depuis 2025 ses actions contre les infrastructures économiques et les axes stratégiques, perturbant gravement l’approvisionnement et les échanges avec les pays voisins, dont le Sénégal.
Aucune revendication officielle n’a été faite pour l’attaque du 11 janvier, mais les autorités sécuritaires soulignent que le mode opératoire, le choix des cibles et la récurrence des attaques correspondent aux méthodes récemment observées du JNIM, dans le cadre d’une stratégie visant à fragiliser durablement l’économie locale.
I.inter
