Mali : le tourisme intérieur, nouveau pari pour sauver une filière en crise

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Le Mali veut transformer ses propres citoyens en premiers ambassadeurs de son patrimoine. Du 1er au 30 septembre 2026, le gouvernement organisera la première édition du Mois du tourisme, une opération nationale destinée à stimuler les déplacements des Maliens à l’intérieur du pays et à redonner de l’activité à une filière durement touchée par la crise sécuritaire.
Placée sous le thème « Le tourisme interne, vecteur du renforcement du patriotisme », l’initiative prévoit des excursions vers plusieurs destinations, notamment Koulikoro et Bougouni, ainsi que des campagnes de promotion, des conférences, des émissions spécialisées et la désignation d’ambassadeurs de la destination Mali.
Le programme a été présenté mercredi aux professionnels du secteur par le ministre Mamou Daffé. Des activités sont également prévues à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, le 27 septembre.
Un tourisme international en net recul
La stratégie du gouvernement intervient après plus d’une décennie de difficultés. La crise sécuritaire a provoqué une chute brutale de la fréquentation touristique : les arrivées dans les établissements d’hébergement sont passées de 194 868 en 2011 à 46 859 en 2012.
Le secteur n’a ensuite jamais retrouvé ses niveaux d’avant-crise. En 2020, seulement 22 538 arrivées avaient été enregistrées, dans un contexte aggravé par la pandémie de Covid-19.
Cette baisse de fréquentation a également fragilisé l’emploi et entraîné une importante sous-utilisation des infrastructures hôtelières.
Les Maliens comme nouvelle clientèle
Privé d’une grande partie de sa clientèle internationale, le pays entend désormais renforcer le marché intérieur. L’objectif est de stimuler la fréquentation des hôtels, restaurants et sites touristiques, tout en créant davantage d’opportunités pour les guides, transporteurs et artisans.
Le gouvernement s’appuie notamment sur la campagne « Les Maliens visitent le Mali », lancée en 2025.
Mais le défi reste considérable. Les restrictions liées à la sécurité continuent de peser sur les déplacements internationaux et l’accès à plusieurs sites patrimoniaux, dont certains sont inscrits par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Un test avant le retour du SITOUR
Le Mois du tourisme constituera également une étape préparatoire au Salon international du tourisme de Bamako (SITOUR), annoncé pour octobre 2026.
Les résultats enregistrés en septembre: fréquentation des sites, nuitées et activité générée, permettront de mesurer si le tourisme intérieur peut réellement devenir un moteur durable de relance économique et de valorisation du patrimoine malien.
