Mali : un protocole signé pour accélérer les procédures douanières et stabiliser l’approvisionnement en carburant

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Le gouvernement malien a conclu, le 21 novembre 2025, un protocole d’accord avec les principaux importateurs de produits pétroliers afin de réduire les délais douaniers et de sécuriser l’approvisionnement en carburant, après les perturbations constatées ces dernières semaines dans plusieurs stations-service du pays.
L’accord, signé par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en présence du Groupement malien des professionnels du pétrole et du Groupement professionnel des pétroliers, prévoit un raccourcissement du délai de déclaration des camions-citernes à leur arrivée au Bureau des produits pétroliers. L’objectif est de ramener ce délai à une journée, contre plusieurs auparavant, afin de limiter les retards dans la distribution.
Cette initiative intervient alors que le Mali, dépourvu de capacités de raffinage, dépend totalement des importations pour couvrir ses besoins en carburant. Une fragilité structurelle mise en évidence par les données internationales : les importations de produits pétroliers raffinés ont atteint 1,361 milliard de dollars en 2019 et 1,92 milliard en 2023, soulignant l’importance économique du secteur.
Le protocole introduit également un mécanisme de gestion en cas de dépassement des délais de déclaration. Dans cette situation, la Direction générale des douanes et la Direction générale du commerce se chargeront directement de la vente et de la distribution des produits, avant de reverser les recettes aux importateurs concernés. De leur côté, les opérateurs se sont engagés à accélérer les déclarations de mise à la consommation et à informer leurs membres des nouvelles obligations.
Le gouvernement affirme avoir pris plusieurs mesures administratives complémentaires pour fluidifier les opérations et renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte économique où les importations jouent un rôle central : le commerce extérieur représente environ 69 % du PIB national, selon les estimations internationales.
Ce protocole survient après des perturbations ponctuelles dans la distribution, confirmées par différentes sources, qui ont affecté l’accès au carburant dans certaines localités. Les autorités espèrent que ces mesures permettront un retour rapide à la normale et une meilleure régularité des approvisionnements, tant dans les zones urbaines que rurales.
Les prochains jours devraient permettre d’évaluer l’impact réel de cette réorganisation sur la disponibilité du carburant, un enjeu crucial pour les transports, l’activité économique et le fonctionnement de nombreux services essentiels.
Tadina C.
