Outrage à Aïcha Koné : 24 mois de prison avec sursis requis contre une sexagénaire

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Le ministère public a requis, ce vendredi 30 janvier 2026, une peine de 24 mois de prison avec sursis et une amende d’un million de francs CFA contre Kouyaté Koumba, 68 ans, poursuivie pour outrage et diffamation à l’encontre de la chanteuse ivoirienne Aïcha Koné. Le verdict est attendu le 13 février prochain.

Le Tribunal a examiné une affaire opposant deux femmes liées par une histoire personnelle ancienne, mais aujourd’hui séparées par un conflit judiciaire né de propos diffusés sur les réseaux sociaux. Kouyaté Koumba était poursuivie pour avoir tenu des déclarations jugées outrageantes à l’encontre d’Aïcha Koné, figure emblématique de la musique ivoirienne et africaine.

À la barre, l’artiste, forte de plus de cinquante ans de carrière internationale, a expliqué avoir saisi la justice pour défendre son honneur et sa dignité, estimant que les accusations portées contre elle avaient largement dépassé le cadre de la liberté d’expression. Elle a notamment évoqué des propos l’accusant d’irrégularités liées à sa résidence, avec l’implication alléguée de l’ancien président Laurent Gbagbo, ainsi qu’une mise en cause dans l’affaire de l’assassinat du journaliste burkinabé Norbert Zongo.

« Je suis Aïcha de toute l’Afrique. Ce qui est dit sur les réseaux sociaux me porte gravement préjudice. Des personnalités m’interpellent. Je demande simplement des preuves », a déclaré la chanteuse devant le tribunal.

Face à ces accusations, Kouyaté Koumba a opté pour une ligne de défense axée sur l’apaisement. Elle a présenté ses excuses à la partie civile, invoquant des liens fraternels anciens et une enfance partagée. « Elle est ma grande sœur. Nous avons grandi ensemble », a-t-elle affirmé.

Estimant les faits établis et les propos diffamatoires avérés, le ministère public a requis une peine de 24 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de francs CFA. Cette affaire relance le débat sur les dérives des réseaux sociaux et rappelle que la liberté d’expression trouve ses limites dans le respect de l’honneur et de la réputation d’autrui.

Tadina Christina