PDCI-RDA: Valérie Yapo sonne l’alarme et exige le départ de Tidjane Thiam

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Dénonçant une crise politique et organisationnelle majeure au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Valérie Yapo, membre du Bureau politique du PDCI-RDA, a appelé, ce lundi 9 février 2026, à la démission du président du parti, Tidjane Thiam. Elle fustige une direction exercée depuis l’étranger, hors des règles statutaires, et appelle à un sursaut collectif pour éviter le déclin du parti à l’approche de son 80ᵉ anniversaire.

Face aux médias, Valérie Yapo a livré une déclaration sans concession sur l’état du PDCI-RDA. Se réclamant d’un devoir de loyauté envers le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny et conduit pendant des décennies par Henri Konan Bédié, elle affirme avoir choisi de parler pour éviter que le silence ne devienne synonyme de renoncement.

Selon elle, le PDCI-RDA traverse « l’une des périodes les plus sombres de son histoire », marquée par une gouvernance contestée, l’effacement des organes décisionnels et une fracture grandissante entre la direction et la base militante. « Le PDCI-RDA ne peut être dirigé à distance, par procuration ou via les réseaux sociaux », a-t-elle déclaré, dénonçant une gestion qu’elle juge incompatible avec les textes et la tradition du parti.

Une direction remise en cause

Valérie Yapo critique particulièrement la restructuration engagée ces dernières semaines, qu’elle qualifie d’opaque et conduite en dehors du Bureau politique et du Congrès. Elle évoque des contributions financières sans traçabilité claire et des décisions prises par des « intermédiaires mandatés », au détriment des instances statutaires.

Pour sortir de cette impasse, elle propose une série de mesures qu’elle juge indispensables. En premier lieu, la démission formelle de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA, suivie de son remplacement intérimaire par le doyen d’âge du parti, conformément aux usages. Elle réclame ensuite un audit indépendant et transparent de la gestion du parti depuis décembre 2023, ainsi que la convocation rapide d’un Bureau politique régulier afin d’engager une restructuration crédible et consensuelle.

Interpellation des cadres et inquiétude militante

Dans sa déclaration, Valérie Yapo s’est adressée directement aux doyens et hauts responsables du PDCI-RDA, les appelant à assumer leur responsabilité historique. Elle les exhorte à ne plus rester passifs face à ce qu’elle considère comme une dérive dangereuse pour l’avenir du parti.

Elle estime que la direction actuelle a progressivement vidé le PDCI-RDA de sa culture du dialogue et de la collégialité, au profit de décisions imposées. Cette situation aurait, selon elle, contribué à une démobilisation de la base et à une perte de confiance des militants.

Défaites électorales et fragilisation parlementaire

Valérie Yapo a longuement insisté sur les revers électoraux subis par le parti. Absente de la présidentielle d’octobre dernier, la formation a enregistré un net recul lors des législatives du 27 décembre 2025, ne remportant que 32 sièges, contre près d’une centaine il y a deux législatures.

Elle évoque également une crise profonde au sein du groupe parlementaire PDCI-RDA, miné par des contestations internes et la menace de scissions. Pour elle, ces contre-performances traduisent une crise « structurelle et politique », bien au-delà d’une simple défaite électorale.

Vers un sursaut pour les 80 ans du parti

À l’approche du 80ᵉ anniversaire du PDCI-RDA, Valérie Yapo appelle à une introspection collective et à une « pause stratégique » au sommet du parti. Elle plaide pour l’ouverture d’un dialogue interne inclusif et apaisé, fidèle à l’esprit houphouëtiste de rassemblement.

« Le PDCI-RDA est plus grand qu’un homme. Il appartient à ses militants, à son histoire et à l’avenir de la Côte d’Ivoire », a-t-elle conclu. Pour la cadre du parti, ce cap symbolique des 80 ans doit être celui de la renaissance et de la reconquête, afin d’éviter que le PDCI-RDA ne s’enlise durablement dans la crise.

I.inter