Sahel: L’AES ouvre son premier Salon de l’entrepreneuriat à Bamako

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Le Mali ouvre ce mardi 18 novembre, à Bamako, la première édition du Salon international de l’entrepreneuriat de l’Alliance des États du Sahel (AES). Un rendez-vous qui se veut beaucoup plus qu’un simple événement : un signal fort, une affirmation de volonté, un acte stratégique posé par les trois pays du bloc sahélien pour reprendre en main l’avenir de leur jeunesse.
Jusqu’au 21 novembre, l’esplanade du Stade du 26-Mars deviendra un véritable laboratoire d’idées, de solutions et d’audace entrepreneuriale. Sous la coordination du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, près de 5 000 participants sont attendus, avec chaque jour environ 1 500 visiteurs prêts à explorer, apprendre et créer.
Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de la Confédération de l’AES, ce Salon marque une première historique : celle de placer l’entrepreneuriat au cœur du projet d’intégration économique et sociale. Panels, ateliers pratiques, expositions, concours de plans d’affaires : tout a été conçu pour mettre les jeunes au centre de la transformation. Le thème, d’ailleurs, est explicite : « L’entrepreneuriat, facteur d’intégration et de développement économique des pays de l’AES ».
Dans les trois pays, la réalité est connue : une jeunesse majoritaire, dynamique, mais massivement cantonnée à l’informel et freinée par le manque d’opportunités structurées. Derrière les chiffres officiels — 4 % de chômage des jeunes au Mali, 8 % au Burkina Faso, moins de 1 % au Niger — se cache une vérité plus brutale : trop peu d’emplois formels, trop peu de formations qualifiantes, trop de jeunes livrés à eux-mêmes. Au Mali, près de 26 % des jeunes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Face à ce défi, le Salon de Bamako se positionne comme un espace de rupture : rapprocher entrepreneurs, décideurs, investisseuses, structures d’accompagnement et initiatives locales, pour fabriquer du concret. Agro-transformation, artisanat, numérique, services, solutions écoresponsables : les projets exposés racontent un Sahel qui invente, qui s’adapte, qui refuse la fatalité.
Des délégations de pays voisins viendront enrichir les réflexions, preuve que ce rassemblement dépasse les frontières et ouvre une dynamique régionale.
Au fond, cette première édition n’est qu’un début. Bamako ambitionne d’imposer ce rendez-vous comme la vitrine annuelle de l’innovation sahélienne, un espace où les idées deviennent des actions, où l’auto-emploi cesse d’être un refuge pour devenir un levier de souveraineté, où la jeunesse reprend le pouvoir sur son destin.
Tadina Christina
