Science Fest Africa 2026 : un panel de haut niveau trace les contours du monde de demain à Abidjan

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Le Parc des expositions d’Abidjan a accueilli, le 21 avril 2026, un panel de haut niveau dans le cadre de la 2ᵉ édition du Science Fest Africa, autour du thème : « Imaginer le monde de demain à travers l’éducation scientifique et technologique ».

Modérée par Abdulkadir Dikbas, la rencontre a réuni trois intervenants majeurs : Blerta Cela, Maram Kairé et Muammer Dolmaci, qui ont chacun apporté une lecture complémentaire des enjeux scientifiques, éducatifs et entrepreneuriaux du continent.

Une ambition commune : préparer la jeunesse aux défis du futur

Dès l’ouverture, le modérateur a posé le cadre : « Toute innovation commence par une idée, une étincelle », appelant à une mobilisation collective des familles, des institutions et des jeunes pour transformer ces idées en solutions concrètes.

Le panel s’est ainsi imposé comme un espace d’échange visant à rapprocher la jeunesse africaine des métiers scientifiques et technologiques de demain.

Blerta Cela : investir dans les filles pour accélérer le développement

Prenant la parole, Blerta Cela, représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement, a mis l’accent sur l’inclusion des femmes dans les sciences. « Investir dans les filles en sciences et technologies n’est pas seulement une question d’équité, mais un levier de croissance économique », a-t-elle affirmé. Elle a insisté sur le fait que le développement durable ne peut être atteint sans la pleine participation des femmes : « On ne peut pas laisser de côté la moitié du capital humain ».

Évoquant des réalités concrètes, elle a pointé le poids des tâches domestiques et des normes sociales, appelant les familles à jouer un rôle actif : « Les familles doivent encourager les filles et leur donner le temps d’apprendre ».

Maram Kairé : trois piliers pour les métiers scientifiques de demain

L’ingénieur et astronome Maram Kairé a, quant à lui, proposé une cartographie claire des opportunités futures. « Il est difficile de prédire tous les métiers, mais certains domaines sont incontournables », a-t-il expliqué. Il a identifié trois axes majeurs : l’informatique et l’intelligence artificielle, le spatial et la robotique. « La donnée est aujourd’hui le nerf de la guerre. Ceux qui savent l’exploiter auront un rôle central », a-t-il souligné. Monsieur Kairé a également insisté sur les applications concrètes en Afrique, notamment dans l’agriculture, la santé, la sécurité ou encore la gestion des ressources naturelles.

Au-delà de la technique, il a plaidé pour une approche globale : « Les scientifiques doivent entreprendre, comprendre les politiques publiques et savoir communiquer ». Illustrant son propos, il a partagé des exemples concrets de jeunes ayant trouvé leur voie grâce à une meilleure compréhension des opportunités, notamment dans des domaines émergents comme la médecine spatiale ou le droit spatial.

Muammer Dolmaci : passer de l’idée à l’action

Troisième intervenant, Muammer Dolmaci a orienté le débat vers l’innovation concrète et l’entrepreneuriat. « N’attendez pas d’avoir un produit parfait pour commencer », a-t-il lancé aux jeunes. Il a encouragé l’utilisation du Minimum Viable Product (MVP), consistant à développer rapidement une première version d’un projet afin de la tester. « Testez, ajustez… et si nécessaire, changez complètement votre approche », a-t-il conseillé. Insistant sur la culture de l’échec, il a ajouté :
 « Parfois, il faut savoir abandonner une idée pour en reconstruire une meilleure ». Pour lui, l’innovation repose sur une logique d’expérimentation continue, inspirée du design thinking et adaptée aux réalités africaines.

Un message fort : éducation, innovation et action

Au terme des échanges, une vision commune s’est dégagée : l’avenir de l’Afrique passera par une jeunesse formée, audacieuse et capable de transformer ses idées en solutions concrètes. Entre inclusion des filles, identification des métiers stratégiques et promotion de l’esprit entrepreneurial, les intervenants ont appelé à une transformation profonde des approches éducatives.

À travers ce panel, le Science Fest Africa confirme son rôle de plateforme de référence pour stimuler la réflexion, orienter les jeunes et renforcer les compétences dans les domaines scientifiques et technologiques. Ce, à travers un message clé : le monde de demain ne s’attend pas, il se construit dès aujourd’hui, par la jeunesse africaine elle-même.

Tadina Christina