Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans la réforme de la gouvernance du secteur extractif. Lors de sa session du 6 février 2026, tenue au Palais de Koulouba, le Conseil des ministres a adopté les textes portant création de la Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.), une société anonyme détenue à 100 % par l’État.
Instituée sur rapport du ministre de l’Économie et des Finances, la SOPAMIM s’inscrit dans la mise en œuvre du Code minier adopté en août 2023. Cette législation prévoit un renforcement significatif de la participation de l’État dans le capital des sociétés minières, ainsi que la création d’un instrument dédié à la gestion et à la valorisation de ces participations publiques.
Selon les textes adoptés, la nouvelle société aura pour missions de détenir, administrer et sécuriser les participations de l’État dans les entreprises minières, de prendre des parts stratégiques dans de nouveaux projets et de porter les intérêts des acteurs nationaux. Elle devra également assurer la centralisation de la gestion du patrimoine minier public, jusqu’ici répartie entre plusieurs structures de l’administration.
Le secteur minier occupe une place stratégique dans l’économie du Mali. Il représente plus des trois quarts des exportations, environ 25 % des recettes budgétaires et près de 10 % du produit intérieur brut. Le pays figure par ailleurs parmi les principaux producteurs d’or en Afrique, avec une production annuelle dépassant 70 tonnes, faisant du métal jaune la principale source de devises.
La réforme du Code minier a porté la participation de l’État à des niveaux pouvant atteindre 30 % dans les sociétés minières, combinant des participations gratuites et des options d’acquisition supplémentaires. La SOPAMIM est appelée à devenir l’outil opérationnel chargé d’assurer le suivi financier et stratégique de ces intérêts publics.
Les autorités estiment que la centralisation de la gestion des participations minières contribuera à renforcer la transparence, la traçabilité des revenus et la coordination des acteurs publics du secteur. Les modalités de gouvernance et de contrôle de la SOPAMIM devront être précisées par des textes d’application.
Dans un contexte régional marqué par une reprise en main des ressources naturelles par les États, la création de la SOPAMIM illustre la volonté du Mali de mieux valoriser son potentiel minier et d’en faire un levier durable de souveraineté économique et budgétaire.
I.inter

