De retour attendu à Abidjan le lundi 12 janvier 2026, le président ivoirien Alassane Ouattara achève un bref séjour à Paris qui continue d’alimenter les débats et spéculations au sein de la classe politique nationale. Ce déplacement, intervenu dans un contexte de recomposition gouvernementale, pourrait avoir été mis à profit pour des échanges politiques de premier plan.
Selon le média Lemandat, une rencontre discrète aurait eu lieu dans la capitale française entre le chef de l’État ivoirien et Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Absent du pays depuis plusieurs mois, le leader du plus ancien parti ivoirien aurait échangé à huis clos avec Alassane Ouattara sur des sujets jugés stratégiques. Si aucune communication officielle n’est venue confirmer l’information, la simple évocation de cette discussion suffit à relancer les interrogations sur la future orientation du pouvoir exécutif.
Alassane Ouattara avait quitté Abidjan le 8 janvier 2026, au lendemain de la dissolution du gouvernement. Officiellement, son agenda parisien est resté confidentiel. Officieusement, plusieurs sources concordantes évoquent une rencontre de haut niveau, perçue comme une tentative de dénouer certaines crispations politiques persistantes entre le RHDP et le PDCI-RDA.
Après des années de relations tendues, marquées par des ruptures et des recompositions successives, un dialogue direct entre Alassane Ouattara et Tidjane Thiam est interprété par de nombreux observateurs comme un signal de décrispation majeure de la scène politique ivoirienne. À Abidjan, les rumeurs autour de la formation imminente d’un nouveau gouvernement vont bon train. L’option la plus commentée est celle d’une ouverture à des cadres du PDCI-RDA, dans l’optique de constituer une coalition élargie capable de consolider la stabilité du pays à l’issue des élections présidentielle et législatives d’octobre et décembre 2025.
Des signaux favorables à un rapprochement avaient déjà été émis ces dernières semaines par certains responsables du PDCI-RDA. Brédoumy Soumaïla, porte-parole du parti, récemment libéré sous contrôle judiciaire, ainsi qu’Ousmane Cherif, ont publiquement plaidé pour une reprise du dialogue et un partenariat politique assumé avec la coalition houphouëtiste. Ces positions traduisent une évolution notable des lignes internes au PDCI-RDA, désormais tournées vers une stratégie de compromis.
Cette ouverture est également assumée par Adrien Vabé, ancien directeur de la communication du PDCI-RDA, pour qui une participation au gouvernement ne constituerait pas une entorse aux principes du multipartisme. « L’entrée du PDCI-RDA au prochain gouvernement ne me pose aucun problème. Il s’agit avant tout de travailler pour le bien-être des Ivoiriens. Depuis 1990, nous sommes dans le multipartisme, qui implique l’acceptation des idées de tous. Si une telle collaboration était inconcevable, pourquoi chercherions-nous à obtenir des sièges à l’Assemblée nationale ? », a-t-il soutenu.
Si cette alliance venait à se concrétiser, elle pourrait redessiner durablement le paysage politique ivoirien, soit par un retour partiel à la coalition originelle du RHDP, soit par l’émergence d’un partenariat stratégique inédit avec le PDCI-RDA. Pour de nombreux analystes, la rencontre évoquée à Paris pourrait ainsi constituer le prélude à un tournant politique majeur.
En attendant une éventuelle confirmation officielle, le silence du Palais présidentiel entretient le suspense. Les regards restent désormais tournés vers les prochaines annonces, notamment la nomination du futur Premier ministre et la composition de la nouvelle équipe gouvernementale. Une interrogation demeure centrale : quelle sera la place réelle du PDCI-RDA dans le nouvel attelage politique ? Les jours à venir devraient apporter des éléments de réponse déterminants.

