Transition climatique : à Grand-Bassam, la Côte d’Ivoire cherche à transformer ses engagements en investissements concrets

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Réunis à Grand-Bassam, au sud-est d’Abidjan, près de 200 experts participent à un atelier national stratégique dédié à la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National de troisième génération (CDN 3.0). Au cœur des échanges : la nécessité de traduire les ambitions climatiques de la Côte d’Ivoire en projets opérationnels capables d’attirer des financements à grande échelle.
L’enjeu est de taille. Pour atteindre ses objectifs climatiques à l’horizon 2030, le pays devra mobiliser plus de 62 milliards de dollars américains, un effort financier sans précédent qui pose la question centrale de la capacité à structurer des projets crédibles et bancables.
Représentant le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Indira Yanni-Domingo a rappelé que les CDN 3.0 traduisent une ambition claire : réduire de plus de 33 % les émissions de gaz à effet de serre et porter la part des énergies renouvelables à 50 % du mix électrique national.
Au-delà de ces objectifs chiffrés, la stratégie repose sur une transformation profonde des modèles de développement, notamment à travers la restauration des paysages forestiers, la promotion de l’agroforesterie et le renforcement de la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Mais cette ambition se heurte à une réalité incontournable : sans mécanismes de financement robustes, les engagements risquent de rester théoriques. C’est précisément pour répondre à cette contrainte que l’atelier de Grand-Bassam met l’accent sur la structuration d’un portefeuille de projets capables de convaincre investisseurs et partenaires internationaux.
Pour Guillaume Vermeulen, représentant de Expertise France, le temps de l’engagement symbolique est révolu. L’enjeu est désormais de bâtir des mécanismes concrets, efficaces et mesurables. Il insiste sur la nécessité de définir des priorités claires et des outils adaptés pour mobiliser les ressources attendues.
Dans cette perspective, le projet Transition Bas Carbone (TBC), appuyé par Expertise France, apparaît comme un levier central pour structurer le plan d’investissement et améliorer le suivi des engagements climatiques du pays.
Les autorités locales de Grand-Bassam, représentées par Oumar Bakayoko, ont quant à elles insisté sur la nécessité d’une réponse cohérente et ambitieuse face à l’urgence climatique. Elles voient dans cette initiative une opportunité de concilier développement économique, inclusion sociale et préservation de l’environnement.
Enfin, l’atelier bénéficie du soutien de partenaires internationaux majeurs, notamment l’Union européenne, le Programme des Nations Unies pour le développement, la GIZ et le Global Green Growth Institute, dont l’appui est jugé déterminant pour accompagner la Côte d’Ivoire dans sa transition vers un modèle de développement plus durable.
I.inter
