UNARTCI : deux camps, deux récits de légitimité au cœur d’un contentieux judiciaire

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La crise à la tête de l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (UNARTCI) se poursuit, avec une nouvelle série de rencontres publiques impliquant les deux camps qui se disputent la direction de l’organisation.

Le 16 septembre 2026, Ken Adamo a été reçu par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.

Selon le compte rendu publié par le ministre, cette rencontre a notamment porté sur les activités de l’UNARTCI et sur un projet de tournée nationale de sensibilisation. Amadou Coulibaly a indiqué à cette occasion avoir assuré Ken Adamo de son soutien.

Une rencontre autour d’Aimond Williams

Une autre rencontre a été rapportée récemment par le magazine Les Valeurs de la République.

Selon cette publication, Sita Ouattara, maire de Gbéléban, a reçu à son domicile à Abidjan une délégation de la rédaction du magazine conduite par son directeur de publication, Aimond Williams, présenté comme président de l’UNARTCI.

La source ne précise toutefois pas que cette audience constituait un soutien de Sita Ouattara à Aimond Williams dans le différend relatif à la présidence de l’Union.

Dans le contexte actuel, les deux séquences contribuent néanmoins à renforcer la visibilité respective des protagonistes.

Un contentieux judiciaire toujours ouvert

Le différend oppose Ken Adamo et Aimond Williams depuis l’élection de ce dernier à la tête de l’UNARTCI.

Une décision judiciaire rendue le 26 juin 2026 avait été favorable au camp Williams. Ken Adamo a toutefois contesté les conséquences de cette décision.

Le camp Ken Adamo affirme notamment qu’une ordonnance de la Cour d’appel rendue le 20 août a suspendu l’exécution de la décision précédente.

Le camp Williams défend une interprétation différente et considère que cette mesure ne met pas définitivement fin au débat sur la présidence de l’organisation.

Une bataille qui s’étend au-delà des tribunaux

Dans l’attente des prochaines étapes judiciaires, les deux camps poursuivent leurs activités publiques.

Aimond Williams a notamment bénéficié ces dernières semaines de soutiens affichés dans le milieu culturel, tandis que Ken Adamo a obtenu une déclaration publique de soutien du ministre Amadou Coulibaly.

Cette succession de rencontres et de prises de position donne ainsi une dimension supplémentaire au contentieux : au-delà de la question juridique, les protagonistes cherchent à maintenir leur visibilité et leur reconnaissance auprès des artistes, des acteurs culturels et des interlocuteurs institutionnels.

Toutefois, aucune rencontre avec une personnalité publique ne saurait à elle seule déterminer la légalité de la direction de l’UNARTCI.

La clarification définitive de la situation demeure donc liée à la procédure judiciaire, tandis que l’organisation devra également relever un autre défi : restaurer une gouvernance suffisamment consensuelle pour éviter que le conflit ne fragilise durablement sa capacité à représenter les artistes ivoiriens.

Tadina Christina