“Une République confisquée ?” : le FPI accuse le pouvoir Ouattara de dérive familiale et relance le débat sur la succession

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En meeting à Abobo, à l’occasion de la célébration éclatée de la fête de la liberté, le vice-président du Front populaire ivoirien (FPI), Jean-Marie Konin, a vivement attaqué la gouvernance du président Alassane Ouattara, dénonçant ce qu’il considère comme une dérive de type népotique au sommet de l’État.
Devant des militants réunis à la place Peggy, le cadre du parti de Pascal Affi N’guessan n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’appareil d’État ivoirien serait progressivement transformé en un espace de prédominance familiale.
« Sous la gouvernance du président Alassane Ouattara, la République est devenue une affaire de famille. Frère, enfants, beaux-frères sont nommés à des postes stratégiques de l’État et de l’économie », a-t-il lancé, estimant qu’il s’agit d’une « privatisation du pouvoir ». Et d’ajouter : « Un État n’est pas un patrimoine familial ».
Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà marqué par les premières projections autour de la succession du chef de l’État, réélu pour un nouveau mandat. Au sein du RHDP, plusieurs analyses évoquent les figures susceptibles d’incarner l’après-Ouattara, dont Téné Birahima Ouattara, son frère cadet.
Ministre d’État, ministre de la Défense et désormais vice-Premier ministre, ce dernier occupe aujourd’hui un poste clé dans la hiérarchie gouvernementale, en tant que numéro deux de l’exécutif derrière le Premier ministre Robert Beugré Mambé.
Le gouvernement justifie cette promotion par les performances des forces armées sous sa tutelle, mises en avant par le chef de l’État lors de l’annonce de sa nomination.
Mais pour l’opposition, cette montée en puissance alimente les soupçons d’un pouvoir concentré au sein d’un cercle restreint. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo avait déjà dénoncé une « gestion patrimoniale de l’État », pointant une tendance à la centralisation des décisions et des postes clés.
Dans le même temps, les débats sur la succession présidentielle s’intensifient, même si les principaux concernés appellent à la prudence. Téné Birahima Ouattara, régulièrement cité dans ces spéculations, avait lui-même tempéré : « C’est me faire trop d’honneur. On n’est pas encore là ».
Dans ce climat politique sous tension, la sortie de Jean-Marie Konin vient raviver les critiques de l’opposition sur la gouvernance actuelle et replacer au centre du débat la question sensible de la gestion du pouvoir et de sa transmission.
I.inter
