39e Somment de l’Union Africaine : Conakry fait un retour stratégique sur la scène africaine à l’UA

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Après plusieurs années d’isolement consécutives au coup d’État de septembre 2021, la Guinée opère un retour stratégique sur la scène africaine lors du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba. Sous la conduite du président Mamadi Doumbouya, le pays a déployé une offensive diplomatique multiforme, affirmant sa volonté de se repositionner comme acteur incontournable des grandes dynamiques continentales.
Suspendue de l’UA pendant près de cinq ans après le renversement de l’ancien président Alpha Condé, la Guinée a été officiellement réintégrée fin janvier 2026. Cette réintégration a été saluée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, qui a reconnu les progrès significatifs de la transition politique, notamment la tenue d’une élection présidentielle pacifique le 28 décembre 2025, remportée par le général Doumbouya. Le CPS a encouragé la Guinée à reprendre sa pleine participation aux activités de l’organisation, marquant la fin d’une période d’exclusion et le début d’une nouvelle phase de normalisation diplomatique.
À Addis-Abeba, la délégation guinéenne a montré une diplomatie résolue. Le président Doumbouya a multiplié les rencontres bilatérales et les échanges de haut niveau, tandis qu’une délégation ministérielle, incluant le ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté et plusieurs responsables militaires et diplomatiques, a représenté le pays lors des travaux de clôture du sommet le 15 février 2026.
L’un des moments clés de cette participation a été la présence de la Guinée à une réunion stratégique présidée par le président du Liberia, visant à élaborer une position africaine commune pour soutenir la candidature du continent au poste de Secrétaire général des Nations unies. Cette initiative traduit l’ambition de Conakry d’affirmer son influence et de contribuer à la représentativité africaine dans la gouvernance mondiale, tout en consolidant sa crédibilité diplomatique après plusieurs années de suspension.
Sur le plan économique, la Guinée a également renforcé son positionnement. Une rencontre avec la commissaire de l’Union africaine en charge du Développement économique, du Commerce, de l’Industrie, des Mines et du Tourisme a permis de mettre en avant les priorités nationales, notamment le programme Simandou 2040 et la souveraineté sur les ressources minières. Le pays a annoncé l’installation à Conakry du siège du Centre africain de développement minier, un signal fort envoyé aux partenaires africains et internationaux sur son engagement envers les projets continentaux et sa volonté de devenir un hub stratégique pour le développement minier en Afrique de l’Ouest.
La Guinée a profité du sommet pour consolider ses relations bilatérales avec plusieurs pays africains, multipliant les échanges sur la coopération économique, la sécurité régionale et la gouvernance. Ces démarches témoignent d’une stratégie diplomatique proactive visant à renforcer la place de Conakry dans les grandes initiatives panafricaines et à sécuriser des partenariats durables pour le développement national.
À l’issue du sommet, la participation guinéenne illustre une offensive diplomatique réussie, où le pays s’affirme comme un acteur capable de peser dans les décisions africaines. La réintégration au sein de l’UA, couplée à l’engagement sur les questions économiques, sécuritaires et politiques, marque un tournant dans l’histoire récente du pays, consolidant sa crédibilité régionale et internationale.
Ce retour stratégique témoigne également de la volonté du général Doumbouya et de son gouvernement de transformer l’isolement en opportunité, en exploitant les mécanismes de l’UA pour promouvoir la paix, le développement et l’intégration africaine. Après plusieurs années de suspension, la Guinée démontre que sa diplomatie est désormais proactive, structurée et orientée vers la conquête de nouvelles positions stratégiques sur le continent.
En somme, la participation de Conakry au 39ᵉ Sommet de l’UA à Addis-Abeba illustre la renaissance diplomatique de la Guinée. Elle marque non seulement le retour du pays dans le concert africain, mais également sa capacité à peser sur les grandes décisions, à défendre ses intérêts économiques et miniers, et à contribuer de manière constructive au développement et à l’intégration du continent.
I.inter
