RAPDP 2026 : l’Afrique accélère sa révolution de la protection des données

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Abidjan a accueilli les 18 et 19 mai 2026 la 9e Conférence internationale du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles, réunissant des délégations de 24 pays africains autour de la régulation des technologies innovantes et de la protection des données personnelles.

Placée sous le thème « La régulation des technologies innovantes : enjeux, défis et perspectives des autorités de protection en Afrique », cette rencontre a permis aux régulateurs, experts et décideurs publics de réfléchir aux défis posés par l’intelligence artificielle, la blockchain, les plateformes numériques, la santé digitale ou encore la Fintech.

À l’ouverture des travaux, le ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a défendu une régulation équilibrée, capable de protéger les citoyens sans freiner l’innovation technologique. Il a également rappelé les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire en matière de protection des données personnelles depuis l’adoption de la loi de 2013.

Le président du Conseil de Régulation de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire, Roger Félix Adom, a insisté sur la dimension humaine de la donnée personnelle, tandis que le président du RAPDP, Adamou Hiro, a plaidé pour une approche africaine harmonisée et souveraine de la protection des données.

Les différents panels ont mis en lumière les risques liés aux biais algorithmiques, à l’exploitation abusive des données personnelles, à la cybercriminalité ainsi qu’aux difficultés de régulation des nouvelles technologies. Les échanges ont également porté sur la nécessité d’encadrer l’usage des données dans les secteurs de la finance numérique, de la santé et du commerce électronique.

Au terme des travaux, les participants ont souligné l’urgence pour l’Afrique de renforcer sa coopération afin de bâtir des règles communes adaptées aux réalités du continent. La future Déclaration d’Abidjan sur la régulation des technologies innovantes pour la période 2026-2030 devrait servir de base à une doctrine africaine de gouvernance numérique, avant sa transmission à l’Union africaine, aux Nations Unies et au Conseil de l’Europe.

À travers cette conférence, Abidjan s’est imposée comme un carrefour stratégique des débats africains sur la souveraineté numérique et la protection des données personnelles.

Tadina Christina