Insertion professionnelle des jeunes : gouvernement et régions relancent le dialogue pour sauver les programmes en cours

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Après une première réunion tenue le 4 mai dernier sans véritable avancée consensuelle, le gouvernement ivoirien, les conseils régionaux et plusieurs partenaires techniques et financiers ont repris les discussions, lundi 18 mai 2026 à Abidjan-Plateau, afin de redynamiser les mécanismes d’insertion professionnelle des jeunes.
Cette nouvelle concertation, organisée dans un contexte marqué par les défis persistants du chômage et de l’employabilité des jeunes, visait principalement à harmoniser les positions des différentes parties prenantes autour des dispositifs de financement et de gestion des projets destinés à la jeunesse ivoirienne.
À l’ouverture des travaux, le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a rappelé l’importance stratégique du mécanisme de maîtrise d’ouvrage déléguée. Ce dispositif permet à l’État de transférer des ressources financières aux conseils régionaux afin de soutenir des projets locaux favorisant l’emploi et l’autonomisation des jeunes.
Le ministre a également attiré l’attention sur l’échéance prochaine de plusieurs programmes majeurs. Il s’agit notamment du Programme de gestion décentralisée (PGD), qui prendra fin le 31 décembre 2026, ainsi que du programme BCP Emploi, attendu à son terme en décembre 2027.
Face à ces échéances, Mamadou Touré a salué la mobilisation des présidents de région, du président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), ainsi que du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Selon lui, cette nouvelle séance de travail a permis d’identifier des pistes de solutions concrètes pour améliorer l’efficacité des programmes existants.
Président de l’ARDCI, Eugène Aka Aouélé s’est félicité des conclusions issues des échanges. Il a assuré que les engagements pris feront l’objet d’un suivi rigoureux afin de garantir des résultats tangibles sur le terrain.
Pour lui, l’insertion professionnelle des jeunes constitue un enjeu central dans la lutte contre le chômage, la pauvreté et la précarité sociale. Il a insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes existants aux réalités des territoires et aux attentes des jeunes bénéficiaires.
Eugène Aka Aouélé a également mis en avant le rôle déterminant des partenaires techniques et financiers, notamment l’Agence française de développement et la Banque mondiale, ainsi que l’implication des structures de microfinance et des conseils régionaux.
Revenant sur les discussions du 4 mai, il a estimé que cette nouvelle rencontre était indispensable pour renforcer la cohérence du dispositif et améliorer sa performance.
« Il s’agit de la jeunesse, donc de l’avenir de la Côte d’Ivoire », a-t-il insisté.
Représentante de l’AFD, Virginie Lucas a rappelé que son institution accompagne ce programme depuis six années.
Elle a souligné que cette approche décentralisée contribue à transformer les régions en véritables pôles d’opportunités économiques pour les jeunes.
Selon elle, l’objectif est d’éviter que certains territoires deviennent des espaces de marginalisation ou d’exclusion, en favorisant au contraire l’entrepreneuriat local, la formation et l’accès à l’emploi.
Présent à cette rencontre, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre cette dynamique de coopération avec les régions et les partenaires internationaux.
Pour lui, investir dans la jeunesse revient à investir dans la stabilité et le développement futur du pays.
Le ministre a souligné que cette synergie d’action s’inscrit pleinement dans la vision du président Alassane Ouattara, qui place l’emploi des jeunes et le développement local au cœur des priorités nationales.
À travers cette nouvelle concertation, les autorités ivoiriennes espèrent désormais consolider un modèle de gouvernance locale capable de répondre efficacement aux défis de l’insertion professionnelle et de créer davantage d’opportunités pour une jeunesse confrontée aux réalités d’un marché de l’emploi de plus en plus exigeant.
Tadina Christina